Les champions ne meurent jamais. Après un premier retour triomphal marqué par une consécration continentale suite à un accident de moto, Ludovic Bactora a effectué un autre retour spectaculaire après s’être tenu éloigné du ring pendant neuf mois. Lors des finales des championnats nationaux Elite, tenues hier après-midi à Vacoas, le pugiliste de Rose-Belle s’est permis le luxe de prendre la mesure d’Oliver Lavigilante, qui était le représentant mauricien aux derniers Jeux Olympiques dans la catégorie -52 kg. Cette compétition, qui s’était échelonnée sur quatre jours, aura également permis à Yanish Hurpersad et John Colin de maintenir leur suprématie chez les -56 kg et -60 kg respectivement, et a aussi été marquée par le revers de Kennedy St. Pierre dans la catégorie -81 kg. Quant au titre de meilleur boxeur, il est revenu à Lendo Samoisy.
Dès samedi, lors des demi-finales, Ludovic Bactora avait affiché ses prétentions. Opposé au tenant du titre, à savoir Oliver Laverdure, il avait certes eu du fil à retordre du fait que le score était de parité (6-6) à l’amorce de la dernière reprise. Bactora faisait ensuite pencher la balance en sa faveur (9-7). Le même scénario se répétait en finale. Les deux protagonistes étant à égalité (3-3) à la fin du deuxième round. La dernière reprise s’avérait explosive, avec Lavigilante prenant l’avantage à 4-3 et son adversaire qui connaissait une dernière minute de folie pour réaliser quatre points sans réplique.
Si Lavigilante devait de nouveau se contenter de la place de dauphin, Bactora démontrait à travers ce sacre qu’il était loin d’avoir dit son dernier mot. « Je veux encore prouver que je détiens ma place dans la sélection et c’est pourquoi j’avais abordé cette finale avec un esprit de vainqueur. Cette victoire constitue le fruit de ma détermination et je voudrais la dédier en tout premier lieu à mon entraîneur régional, Guito Auriant, qui a toujours été à mes côtés. »
S’il admet avoir résolu les problèmes qui l’avaient contraint à une semi-retraite, Ludovic Bactora s’attend désormais à des lendemains meilleurs. « Désormais, j’ai retrouvé une certaine stabilité. Je m’attends maintenant à briller aux prochains championnats d’Afrique où j’aurais un titre à défendre. »
De son côté, Cédric Olivier a bien su préparer sa revanche face à Kennedy St Pierre, qui l’avait dominé voilà une quinzaine lors du Ram Ruhee Memorial. Certes, ce dernier semblait avoir fait le plus difficile en menant à l’issue des deux premiers rounds. Toutefois, Olivier renversait la tendance sur la fin pour signer également un retour victorieux à la compétition après environ un an d’absence. Quant à Lendo Samoisy, il avait connu une première reprise difficile face à France Augustin, qui avait pris les devants (6-3). Après un deuxième round équilibré, la roue tournait alors en faveur de Samoisy, d’autant qu’Augustin baissait de pied physiquement. Tant et si bien qu’il sera compté et concédera sept points sans réplique.
Sacre des frères Colin
Les frères Colin ont également été de la fête. L’aîné Richarno s’est avéré trop fort pour le jeune Jordy Thérèse. Nettement mené au score (0-10) à l’issue du deuxième round, ce dernier aura du mal à se remettre suite à un coup au foie, son coin jugeant alors plus prudent de jeter l’éponge. « J’ai essayé de placer un maximum de coups, sans vraiment les appuyer. Je me suis senti bien tout au long de cette compétition et je pense maintenant évoluer à un niveau supérieur avec les sorties internationales », explique Richarno Colin, toujours en attente de la confirmation de son stage à l’INSEP en France.
Son frère cadet, John, a quant à lui dominé les trois rounds du combat qui l’opposait à Alfredo Madile. L’autre combat qui n’est pas parvenu à la limite a été celui opposant Jean-Luc Rosalba à Aniel Lisette. Le premier nommé, qui avait causé une certaine surprise en venant à bout de Jonathan Sutton en demi-finales, forçait son adversaire à l’abandon au deuxième round après s’être détaché 5-1 lors de la première reprise.
Parcours sans faute pour Yanish Hurpersad, qui maintient son hégémonie chez les -56 kg. Jonas Arlanda s’est certes accroché surtout au deuxième round, mais Hurpersad était plus précis dans ses actions. « Mon expérience acquise lors des championnats du monde Youth m’aide actuellement dans ma carrière. Cette présente compétition m’a permis de faire de nouveau mes preuves et je m’attends maintenant à une saison intéressante. »
Quant à Fleurot Louis, accroché par Donovan Gérie au round initial, il a ensuite pris graduellement ses distances, alors que les chevronnés Jacques Raphaël et Rilo Augustin ont logiquement repoussé le challenge de Christopher Otendy et Dylan David.