New Conservative Party leader and incoming prime minister Boris Johnson gives a speech at an event to announce the winner of the Conservative Party leadership contest in central London on July 23, 2019. (Photo by Ben STANSALL / AFP)

Le Parlement européen a mis en garde mercredi le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson contre les conséquences « économiquement très dommageables » d’un départ du Royaume-Uni de l’UE sans accord, le jour de sa prise de fonctions.

Il a également réaffirmé la possibilité de modifier la déclaration politique jointe à l’accord de retrait accepté par Londres, mais pas l’accord en lui-même.

Boris Johnson a réitéré à plusieurs reprises son intention de mettre en oeuvre le Brexit le 31 octobre, date butoir fixée après deux reports, et ce même sans accord avec l’UE.

« Des déclarations récentes, notamment celles faites pendant la campagne pour la direction du Parti conservateur, ont considérablement accru le risque d’une sortie désordonnée du Royaume-Uni », ont averti les représentants des groupes politiques du Parlement européen dans une déclaration diffusée à l’issue d’une réunion avec le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier.

« Une sortie sans accord serait économiquement très dommageable, même si les dommages ne seraient pas infligés de la même manière aux deux parties », ont-ils averti.

Un Brexit sans accord « ne serait pas compensé par une quelque forme d’arrangement ou de mini-accord entre l’UE et le Royaume-Uni », ont-ils affirmé.

L’Union européenne ne renégociera pas l’accord de retrait conclu entre l’UE et le gouvernement britannique, ont rappelé ces parlementaires.

« Une sortie ordonnée n’est possible que si les droits des citoyens, le règlement financier et le filet de sécurité (+backstop+) qui, en toutes circonstances, garantit l’absence de durcissement de la frontière sur l’île d’Irlande, protège l’accord du Vendredi Saint et protège l’intégrité du marché unique, sont garantis », ont-ils insisté.

Le groupe du Parlement européen chargé du Brexit s’est dit « ouvert à l’idée d’apporter des modifications à la déclaration politique, en particulier si ces modifications prévoient des détails beaucoup plus précis et un futur partenariat UE-Royaume-Uni plus ambitieux, de sorte que le déploiement du filet de sécurité irlandais ne serait pas nécessaire ».

Michel Barnier n’a pas fait de déclarations à l’issue de cette réunion avec les députés européens. Mais il avait annoncé mardi avoir « hâte de travailler de façon constructive avec le Premier ministre Boris Johnson, une fois à son poste, pour faciliter la ratification de l’accord de retrait et permettre un Brexit ordonné ».

Le négociateur de l’UE avait également confirmé être « prêt à retravailler la déclaration sur le nouveau partenariat, en ligne avec les orientations » définies par les Etats membres.

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