Après avoir consigné la déposition de Toussaint Matombé, leader du Parti Kreol Morisien (PKM) samedi au sujet d’un bulletin de vote dans la circonscription No 4 (Port-Louis Nord/Montagne-Longue), le Central CID compte recueillir la version du Presiding Officer. La police veut confirmer si le bulletin 11 607 provient bien d’un centre de vote du No 4 et établir si le votant s’est bien présenté sur place pour voter.

Les enquêteurs ont également prévu de se rendre au bureau de la Commission électorale ce lundi pour confirmer que le sceau sur le bulletin est original et pour obtenir des éclaircissements sur les procédures concernant ce qui se passe avec un bulletin le jour du vote. À ce stade, l’identité du votant n’a pas encore été établie. Contrairement à celui retrouvé à Idrice Goomany GS dans la circonscription  No 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est qui, selon la police, appartient à un habitant de Plaine-Verte.

Néanmoins, le CCID n’écarte pas la possibilité que le votant ait pu sortir avec le bulletin, profitant d’un moment d’inattention. D’ailleurs, un cafouillage avait eu lieu tard dans l’après-midi du 7 novembre au Idrice Goomany GS au cours duquel le ministre Anwar Husnoo avait été bousculé. D’après les renseignements recueillis, quelques officiels et votants ont été perturbés par ce brouhaha.

Le Presiding Officer avait dû intervenir pour calmer les esprits dans la cour. Le CCID veut aussi savoir si les deux bulletins retrouvés ont été comptabilisés le jour du dépouillement. Le but est de savoir si les bulletins se sont retrouvés en dehors des centres de vote le 7 ou le 8 novembre. Le “time frame” est considéré comme essentiel pour la suite de l’enquête. « Si le bulletin n’était pas retrouvé dans le “ballot box”, cela voudrait probablement dire que le votant l’a pris avec lui. Par contre, si le bulletin a été comptabilisé le jour du dépouillement, l’enquête ciblera les officiels et les Voting Agents qui ont travaillé dans le centre de dépouillement », a indiqué un haut gradé du CCID.

De son côté, Toussaint Matombé du PKM a confirmé à la police samedi que le lundi 11 novembre, il a découvert un bulletin de vote lorsqu’il a ouvert sa boîte aux lettres qui se trouve devant sa maison. Sommé de s’expliquer pour quelle raison il ne s’est pas immédiatement rendu au bureau de la commission électorale, il a déclaré qu’il devait consulter les membres de son parti.

Ces derniers lui ont conseillé de chercher un avis légal. Toussaint Matombé a alors juré un affidavit en cour avant de remettre le bulletin à la Commission électorale. Le CCID a également examiné son portable samedi pour les besoins de l’enquête et l’a ensuite autorisé à rentrer chez lui.