Les adultes et enfants souffrant de troubles psychologiques peuvent aujourd’hui compter sur de nouveaux services pour les aider à affronter leurs troubles. Son nom de code : le Centre OpenMind, dont le concept – totalement novateur à Maurice – a déjà largement fait ses preuves à l’étranger. Là, ils seront pris en charge par toute une équipe de spécialistes.
C’est toute une équipe pluridisciplinaire offrant des services thérapeutiques aux plus vulnérables, des enfants aux adultes, souffrant de troubles psychologiques, qui est à pied d’oeuvre au 6, rue Malartic, à Rose-Hill. C’est là que se trouve le Centre OpenMind, où des enfants déscolarisés en raison de leurs problèmes psychologiques et n’ayant, hélas, pas leur place dans les écoles, sont pris en charge dans l’atelier « MindSet ».
« Les enfants de ‘MindSet’, qui n’ont pas bénéficié des apprentissages de base, viennent suivre un programme adapté à leurs besoins, tant en termes de connaissances qu’en termes thérapeutiques », explique Ravi Heerooa, travailleur social au Centre OpenMind. Ils bénéficient, à travers de ce programme, des apprentissages de base qui leur permettront d’avoir accès à une certaine autonomie plus tard. Les enfants y apprennent des concepts simples, mais essentiels à leur développement psychologique et leur insertion dans la société.
C’est là, au Centre OpenMind, que des jeunes et adultes atteints de troubles psychiques invalidants sont en ateliers thérapeutiques et créatifs. Des enfants y sont suivis par l’équipe thérapeutique composée, entre autres, de la psychologue Karine Ulcoq, de l’ergothérapeute Cécile Marie, de la psychomotricienne Christine Guilloteau, et du travailleur social Ravi Heerooa.
Les enfants sont en ateliers thérapeutiques le samedi et des adultes sont en sessions de psychothérapie et d’art-thérapie en semaine. En effet, le concept d’opération du Centre OpenMind est d’héberger tous ces services sous un même toit, où la prise en charge thérapeutique peut être globale. La psychologue souligne que le fait d’avoir un service individualisé et personnalisé pour chacun leur permet de trouver une aide spécifique, à travers des ateliers qui servent de médiateurs et qui passent, avant tout, par la création, l’art, l’imagination et le langage du corps. Un suivi thérapeutique est aussi mis en place auprès de chaque personne, consistant à adapter les programmes selon leurs besoins et leur évolution au sein du centre.
Le Centre OpenMind opère selon le principe que la composante psychologique de tout programme d’aide aux personnes vulnérables est essentielle et qu’il est grand temps de faciliter l’accès aux thérapies et à l’aide psychologique au plus grand nombre. D’ailleurs, certaines autres ONG et la Child Development Unit ont déjà compris l’importance de ce service d’aide psychologique et de suivi thérapeutique : la collaboration, en y référant des bénéficiaires, est en bonne voie. La synergie est donc le maître mot de cette ONG, tant au niveau interne avec son équipe thérapeutique qu’avec des autres ONG et institutions.
Mais comment se fait la prise en charge thérapeutique ? La psychologue Karine Ulcoq explique : « Chaque bénéficiaire a droit à une évaluation de son état et de ses besoins. Et c’est en concertation avec l’expertise de toute l’équipe thérapeutique qu’un programme individuel est préparé pour répondre à ses besoins spécifiques en thérapie. » Le bénéficiaire est alors orienté vers les ateliers thérapeutiques et créatifs. L’apport de l’ergothérapeute Cécile Marie est d’analyser quelles seront les activités appropriées pour promouvoir le bien-être du bénéficiaire. « Par exemple, un enfant qui a des accès de colère et qui ne peut pas contrôler ses réactions, sera dirigé vers l’atelier d’argile, qui est un bon moyen d’utiliser son énergie (colère et comportement divergent) dans un but constructif. Ou alors l’atelier Narrative Therapy, où l’enfant apprend ce que sont les émotions pour mieux se comprendre et, donc, arriver à se contrôler », explique-t-elle.
L’action du Centre d’OpenMind est fondée sur l’art-thérapie sous toutes ses formes (voir les ateliers en hors-texte) et un suivi mensuel de chaque bénéficiaire est assuré. OpenMind prône la qualité sur la quantité : le service est personnalisé et l’organisation des activités est effectuée de telle façon que la quiétude de l’espace et le temps accordé aux bénéficiaires sont privilégiés dans les différents services.
« Travailler en tant que psychologue au sein d’OpenMind me permet de constater que le fait d’utiliser l’art en tant qu’outil et en tant que voie d’accès au bien-être de la personne est un concept qui marche, tant que les objectifs sont clairs et précis et que la personne adhère pleinement a son programme de réhabilitation. C’est un champ novateur à Maurice, mais il a déjà fait ses preuves dans de nombreux pays. Il est donc très intéressant de pouvoir proposer des concepts nouveaux dans un pays comme le nôtre, où la souffrance psychologique est aussi réelle et présente que partout ailleurs », explique Karine Ulcoq.
Les ateliers s’adressent aux personnes – enfants, adolescents et adultes – en détresse psychologique ou atteintes de troubles psychiques invalidants. Le centre est aussi un lieu de formation protégée en métiers d’art pour les personnes dans l’incapacité de trouver une activité d’apprentissage ou professionnelle en raison de leur état. Ces activités portent déjà leurs fruits avec l’amélioration des capacités des bénéficiaires, la réadaptation des enfants en milieu scolaire, le développement personnel et l’acquisition en « Life Skills ».