Alors que les réactions du président-candidat américain Barack Obama à la pétition sur le Website de la Maison Blanche en faveur des Chagossiens se font toujours attendre, le dossier de la base militaire des États-Unis à Diego Garcia est revenu à la Une de l’actualité. Et cela dans trois circonstances différentes et de manière presque simultanée. D’abord, au cours de la semaine écoulée, d’importants exercices militaires se sont déroulés sur l’île de Diego Garcia en vue de mettre à l’épreuve le Preparedness des troupes américaines stationnées. Pas plus tard qu’hier, Londres a été forcé de rendre publics des documents jusque-là classés “secret défense” au sujet des tractations sur le démembrement de cette partie du territoire mauricien à la veille de l’indépendance en 1968. De son côté, l’ancien Foreign Secretary Jack Straw est traîné devant la justice britannique par un commandant militaire libyen, un opposant au général Khadafi, pour des tortures subies en 2004 sur la base de Diego Garcia aux mains des Américains.
La US Navy Support Facility de Diego Garcia se félicite du déroulement sur l’île d’importants exercices militaires au cours de la semaine dernière, soit le Citadel Pacific Shield 2012 (CP-12). Ces opérations ont pour objectif principal de mettre à l’épreuve la capacité des troupes américaines stationnées à repousser toute attaque contre des installations militaires sur l’île.
« The scenarios are designed to determine the ability of NAVSUPPFAC Diego Garcia and tenant commands to develop, plan, brief, assess exercises and debrief an anti-terrorism/force protection scenario. Additionally, they are designed to train and enhance interdepartmental understanding and cooperation », déclare le lieutenant David Noble, Installation Training Team Officer, dans un communiqué officiel.
Commentant le déroulement des opérations, le porte-parole du commandement militaire américain à Diego Garcia soutient que « this exercise showed that we are more than capable to defend Diego Garcia and other assets on the island. It is important to prepare ourselves and be ready to respond at a moment’s notice. You never know what will happen, things can change in a heartbeat ». Les conclusions et recommandations de ces exercices militaires seront partagées avec les autorités britanniques lors des consultations pour un prochain Memorandum of Understanding.
Par ailleurs, les Archives britanniques continuent à livrer leurs secrets par rapport à la campagne de mensonges et de subterfuges du gouvernement britannique à la fin des années 60 au sujet de Diego Garcia. Des documents de cette dernière période classés Secret and Guard par le Foreign and Commonwealth Office (FCO) sont du domaine public depuis hier suite à un engagement pris de force devant la Haute Cour de Londres.
Faisant état des premiers détails de ces documents confidentiels, le quotidien britannique The Guardian dans son édition du jour note que « the extent to which successive British governments set out to hoodwink Parliament and the public over the decision to give US a military base on Diego Garcia and force out the islanders is laid bare in files released on Wednesday ».
Plus loin, The Guardian ajoute que « the aim behind the decision to control the islands, noted a Foreign Office official in a document dated September 1966 and marked “Secret and Guard”, was to build defence facilities… without hindrance or political agitation ».
Plus grave reste ce mensonge historique fabriqué et colporté par les Britanniques selon lequel les Chagossiens ne seraient que des « contract labourers engaged to work on coconut plantations ». « The merit of this line is that it does not give away the existence of the Ilois [the indigenous islanders] but is at the same time strictly factual », soutiennent les documents confidentiels publiés hier, rappelant les instructions formelles de l’ancien Premier ministre britannique Ted Heath selon lesquelles « any discussions between the United States and ourselves must remain confidential ».
D’autre part, la presse britannique, dont la BBC, fait état en ce début de semaine d’un procès instruit devant la Haute Cour de Londres à l’encontre de l’ancien Foreign Secretary britannique Jack Straw. Ce dernier est accusé par un commandant militaire libyen et ancien opposant du régime de Khadafi d’avoir autorisé des séances de torture dont lui et son épouse ont été victimes sur la base de Diego Garcia en 2004.
L’avion qui a ramené ce militaire libyen de Thaïlande en Libye en 2004 avait fait escale à Diego Garcia avec des agents secrets américains et thaïs lui faisant subir les pires sévices. Ce commandant militaire affirme que les instructions formelles pour ces actes émaneraient de nulle autre autorité que de celle de l’ancien Foreign Secretary britannique.
La BBC révèle que « M. Belhadj alleges he and his wife were detained by CIA agents in Bangkok as they travelled to Britain to claim political asylum — he believes the plane they were transported on refuelled at the UK territory of Diego Garcia, in the Indian Ocean. M. Belhadj claims that he and his wife were tortured during the rendition process and in Libya, where he was subsequently imprisoned ».
Les réactions de Jack Straw à ces faits sont attendues dans un mois environ devant la Haute Cour de Londres.