La résolution de Maurice en vue de faire respecter l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur les Chagos sera présentée à l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, ce mercredi 22 mai.

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a quitté le pays ce samedi pour assister à cette assemblée, largement évoquée dans la presse étrangère.

Le journal britannique The Guardian souligne, dans un article publié ce mardi, que les Etats-Unis et la Grande Bretagne « sont confrontés à une déroute diplomatique aux Nations Unies ».

Pour cause, « the general assembly is expected to vote overwhelmingly to demand Britain relinquish hold of one of the last vestiges of empire in the Indian Ocean ».

« Overwhelmingly ».

The Guardian souligne également que Londres et Washington « essaient de persuader leurs alliés d’au moins s’abstenir » de voter, et ce, dans le but de « prevent support for Mauritius reaching triple figures ».

« Une telle défaite servirait également à souligner l’isolement britannique », estime The Guardian. Et elle interviendrait « à un moment où ses alliés de l’Union européenne, consternés par le Brexit, ne leur offrent plus automatiquement de support ».

« Cela refléterait également la diminution du pouvoir de persuasion des Etats-Unis, qui a vigoureusement fait campagne pour la cause de l’Angleterre ».

« Embarrassing moment for the UK » 

Titrant « Britain faces UN defeat over Chagos islands » hier, France24 rappelle que « diplomats expect the assembly to overwhelmingly back Mauritius in the vote, which is seen as a strong statement on decolonization ».

Citant le UN director for the International Crisis Group, Richard Gowand, France24 évoque « un moment embarrassant » pour l’Angleterre, soulignant qu’en 2017 « seulement 15 pays, dont la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, avaient voté pour s’opposer » à ce que l’affaire soit portée devant l’ICJ pour un jugement.

« Les diplomates s’attendent à ce que moins de pays soutiennent la position britannique lors du vote de mercredi », explique France24.

« Britain has the support of the United States and is hoping that many countries – including European partners – will abstain to soften the blow. In 2017, 65 countries abstained including Germany, France, Spain and Canada, while 94 voted in favor of Mauritius’ push to seek a legal opinion ».

Chine.

Le 18 mai, le journal indien The Wire avait fait état des négociations entreprises par les Etats-Unis et l’Angleterre auprès de l’Inde, qu’ils jugent susceptible de pouvoir influencer Maurice à retirer sa résolution devant les Nations unies.

« The US and UK are trying to convince New Delhi’s close ally in the Indian Ocean to modify and even dilute the provisions of the draft resolution », a relaté The Wire. « Indian officials expect the resolution to be passed with a large majority ».

The Wire relève, de plus, que l’Inde supporte Maurice en raison de leur « intensely close bilateral relationship ».

Mais aussi parce que « New Delhi wants to have an uninterrupted American presence in the region, especially with China continuing to make inroads in the Indian Ocean ».