Le cross-country (XCO), épreuve phare des championnats d’Afrique de VTT, débutera ce matin. Quand on sait que cette compétition servira de qualification pour les JO de Londres, on est en droit de s’attendre à de belles empoignades, voire à de véritables chassés-croisés. Au milieu de tout ça, on retrouve l’équipe mauricienne, qui est déterminée à se battre et qui ne se rendra pas sans avoir abattu toutes ses cartes.
En chef de file, on retrouve l’inamovible Yannick Lincoln. Pouvait-on imaginer des championnats d’Afrique sans la meilleure chance mauricienne en XCO ? Non. Parce qu’à de près de 30 ans, c’est peut-être sa dernière chance de disputer les JO. Sans aucun doute voudra-t-il, même s’il ne décroche pas son billet pour Londres, se retrouver sur le podium africain, lui qui n’a qu’une médaille au contre-la-montre par équipes aux Jeux d’Afrique. Alors, l’occasion rêvée pour Lincoln ?
Quand on connaît la valeur des adversaires du Mauricien, on ne peut qu’espérer qu’il arrivera à tirer son épingle du jeu. Les Sud-Africains Philip Buys et Renay Goustra, le Rwandais Adrian Niyonshuti, annoncé comme un des meilleurs africains sur le Cape Epic, autant de clients pour le titre de champion d’Afrique. N’oublions pas non plus le Namibien Marc Bassingthwaithe, qui a déjà qualifié son pays pour les JO, mais qui souhaite valider le billet pour lui.
D’ailleurs, sur les 34,2 km de la course (6 tours d’un circuit de 5,7 km), la lutte promet d’être âpre. Surtout quand on voit les armandas présentes : Mannie Heymans, Mac Bassingthwaithe, Heinrich Kohne pour la Namibie, Renay Goustra, Philip Buys pour l’Afrique du Sud.
Et pas seulement chez les messieurs ! Chez les U23, on retrouve un beau plateau. James Reid, quatrième de la World Cup à Pietermaritzburg, viendra sûrement confirmer ses dispositions. « C’est du niveau mondial », lançait Matthieu Le Blanc dans notre édition de samedi dernier.
Même scénario chez les juniors, où Sébastien Tyack, 18 ans, ira défier un trio de Sud-Africains dans l’espoir de décrocher un podium. Il n’aura pas de tactique, mais misera sur une connaissance du parcours pour tenter de se faire une place au soleil. « Le VTT est une discipline assez individuelle et les Sud-Africains ne pourront pas forcément mettre une tactique en place », nous avait-il déclaré il y a une semaine. Pas sûr qu’il ait changé d’avis.
Les descendeurs aussi sont conviés à ce rendez-vous, même si les Sud-Africains ne seront pas présents sur la piste. Un état de chose expliqué par une série de Coupes du Monde, qui se tient quasi simultanément ailleurs. Ce qui donnera lieu finalement à un match entre Mauriciens, alors que les Réunionnais, invités pour l’occasion, serviront d’arbitres dans ce duel.
Quoi qu’il en soit, tout est prêt pour accueillir les vététistes. Le Suisse Beat Wabel, délégué technique de l’Union cycliste internationale, a parcouru les deux pistes pour s’assurer que tous les critères ont été respectés. « Quand je suis arrivé, il n’y avait pas grand-chose à modifier », disait-il à l’issue du briefing des Team Managers hier dans le camp de base à Yémen.
Même avec les petites modifications apportées, le profil de la course ne change pas. Il a surtout fallu ajouter une boucle sur la piste de XCO et dévier le tracé d’un mètre pour la DH. « En fait, il s’agit de mesures de sécurité et de permettre aux spectateurs de voir le plus longtemps possible. » Un schéma repris en Coupe du Monde et aux Championnats du Monde afin de permettre un maximum de visibilité.
Pour le Suisse, un bon parcours se situe dans la fourchette des 4,5 à 5 km. « Depuis quelque temps, on va vers une réduction des distances. Cela afin de favoriser la presse également, qui n’aura pas besoin de gros moyens. Mais la piste, ici, est bien dessinée. Je suis content de ne pas avoir eu à modifier grand-chose », sourit-il.
Comme dit l’Anglais, the stage is set. Les coureurs sont prêts. Espérons seulement que, malgré l’absence de concurrents, le spectacle soit au rendez-vous.