Intervenant ce matin au siège du Mauritius Research Council, Ébène, à l’ouverture d’un atelier de deux jours sur le thème « Research Projects on Climate Change Adaptation and Coal Ash Management In Mauritius », le président de ce conseil de recherche, le Pr Sudursen Jugessur, a fait un vibrant plaidoyer pour la recherche d’un modèle alternatif de développement pour Maurice afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique.
« Si nous continuons à suivre les pays de l’ouest et leur type de civilisation et pensons que nous allons améliorer notre qualité de vie, oublions cela ! » a lancé le président du conseil d’administration du Mauritius Research Council (MRC), le Pr Sudursen Jugessur. « Ces pays que nous avons pris comme modèles de développement commencent un à un à s’effondrer et à faire faillite… Ne croyez-vous pas qu’il nous faut commencer à penser à d’autres alternatives, comme à la façon dont nos aînés ont vécu, plus en phase avec la nature », a-t-il plaidé.
Et le Pr Jugessur d’expliquer que vivre près de la nature ne veut pas dire « vivre comme des sauvages ». « C’est d’utiliser les ressources qu’elle nous donne avec modération afin de lutter contre le changement climatique. Sinon, nous sommes condamnés », a-t-il ajouté. « Comme vient de l’expliquer le Pr Arjoon Suddhoo, il n’y a pas que l’argument économique, il faut aussi prendre en considération, le social, l’environnement et la culture », a-t-il poursuivi.
Dans ce contexte, l’intervenant a cité le cas du royaume du Bhoutan, un pays de l’Asie du sud au pied de l’Himalaya, qui mesure son progrès économique en termes de l’indice du bonheur et non en Produit intérieur brut. « Pour sauver le monde des effets néfastes du changement climatique, c’est maintenant que nous devons commencer à changer notre mentalité et à vivre près de la nature », a-t-il encore plaidé avant de déclarer ouvert l’atelier.
Auparavant, le directeur exécutif du MRC, le Dr Arjoon Suddhoo, a plaidé pour une approche intégrée de la recherche. « Il nous faut changer notre approche de la recherche afin d’intégrer à la méthodologie scientifique, l’intuition des sciences sociales afin d’en dégager une meilleure compréhension plus globale de la réalité ! » a-t-il expliqué.
Au niveau du gouvernement, c’est le ministère de l’Environnement et du Développement durable qui est responsable de la coordination de l’African Adaptation Programme (AAP – voir encadré) au changement climatique. La coordination de la partie recherche de ce programme, incombe au MRC. Dans ce contexte, le MRC a financé 11 projets de recherches, huit sur le changement climatique et trois autres sur la gestion de la poussière de charbon (coal ash). L’objectif principal de ce séminaire de deux jours est de disséminer les conclusions de ces 11 projets de recherche.