La Société Islamique de Maurice (SIM) condamne sans réserve les attaques contre la revue satirique Charlie Hebdo qui a fait plusieurs morts à Paris il y a plus deux semaines, estimant que « l’utilisation de la violence n’efface pas l’affront contre le Prophète de l’islam ». Néanmoins, elle considère que « la liberté d’expression ne donne pas le droit d’insulter et de blasphémer ».
Lors d’un point de presse à Port-Louis ce matin, Fawaz Sahebdin, président de cette organisation, a déclaré que « l’attentat meurtrier contre ce journal est effroyable, dramatique et profondément condamnable ». Il ajoute : « Même s’ils ont été perpétrés supposément au nom d’une idéologie difficilement réconciliable à l’éthique de l’islam, il n’en reste pas moins vrai que la revendication religieuse de leurs auteurs pose une question de conscience à la majorité des musulmans ».
Le porte-parole de la SIM a également condamné « l’hypocrisie » de l’opinion publique internationale. « La récupération politico-médiatique de ces événements tranche singulièrement avec le silence assourdissant autour du massacre par l’armée israélienne de centaines de musulmans et de chrétiens à Gaza ; les massacres de Deir Yassin et de Sabra et de Chatila ; le massacre par l’armée américaine de centaines de milliers d’innocents en Irak ; le massacre au Pakistan de centaines d’innocents considérés comme dommages collatéraux à l’aide de drones ; et l’emprisonnement de tant d’innocents pour leurs convictions religieuses ».
Fawaz Sahebdin dit aussi relever « l’hypocrisie de la France qui a accueilli à bras ouverts celui qui symbolise le terrorisme d’État ». Selon lui, « Benyamin Netanyahou manifestant contre le terrorisme à Paris alors que ses mains sont encore tachées du sang des enfants et des femmes palestiniens furent, pour la communauté musulmane, le comble de l’hypocrisie ». Il a ajouté « en aucun cas » soutenir les actes de violence perpétrés par des musulmans contre d’autres religions. « Nous condamnons avec force l’attaque contre des églises au Niger, les manifestations violentes dans d’autres pays où des innocents ont été pris à partie et les actes de violence contre les mosquées en France ».
Pour sa part, Ibteesam Pondor, membre exécutif de la SIM, a déclaré que « si nous réagissons par la violence aux insultes, nous allons à l’encontre de nos propres valeurs ». C’est dans cette optique que la SIM a invité les musulmans à manifester leurs convictions dans le respect des droits des autres.