La première phase de la rénovation du Château Mon Plaisir a été achevée au coût de Rs 25 millions, somme puisée du SSR Botanic Garden Trust et d’un grant du gouvernement. C’est ce qu’a indiqué hier dans son discours d’inauguration, le Dr Seelavarn Ganeshan, Chairperson du SSR Botanic Garden Trust.
Le Dr Seelavarn Ganeshan a expliqué que le château était dans un état de délabrement et que, pour sauver ce patrimoine, un appel d’offres a été lancé. Le contrat a été alloué à la firme Laxmanbhai qui a travaillé sous la supervision du ministère des Infrastructures publiques.
Une conférence prévue l’an prochain sur “Greening Mauritius” pour les 50 ans de l’île a été annoncée hier par le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, au Château Mon Plaisir. Cette conférence, dit-il, débouchera sur la rédaction d’un document, le Greening Mauritius Policy Paper, sur la politique à adopter pour reverdir Maurice. « Ce document définira cette nouvelle vision, la stratégie et les moyens à mettre en place pour son implémentation », a-t-il indiqué, faisant ressortir qu’un secrétariat “Greening Mauritius” a déjà été constitué par son ministère.
Mahen Seeruttun prévoit aussi deux plans stratégiques s’échelonnant sur les dix prochaines années pour la protection de la biodiversité. Ces plans, à savoir la Protected Area Network Expansion Strategy et le National Biodiversity Strategy and Action Plan, viseront la survie de la faune et de la flore endémiques. Pour atteindre ce résultat, Mahen Seeruttun soutient qu’il faut « augmenter la superficie de notre forêt endémique qui est de 2 % à 12 %. Tout en augmentant les zones protégées incluant les forêts, parcs nationaux, réserves naturelles et sites Ramsar, nous avons tous les atouts pour devenir une île-jardin ».
Vocation du jardin : la pédagogie
Permettre au Château Mon Plaisir de retrouver ses allures d’antan en lui rendant sa valeur historique et culturelle, tel est, selon Seelavarn Ganeshan, le défi qui s’impose. « L’idée est de faire appel aux experts en architecture ancienne pour rendre à ce château son authenticité. Ce sera la phase 2 de notre projet qui s’échelonnera sur quelques mois. On veut faire de ce château un haut lieu d’échanges scientifiques et culturels, un centre de pédagogie et un observatoire botanique de l’océan Indien. Nous pensons pouvoir accueillir des conférences internationales consacrées à l’écologie, la botanique, l’histoire, la culture, les arts aussi bien qu’aux tournages cinématographiques », explique-t-il. Le Chairperson du SSR Botanic Garden Trust indique qu’un appel à candidature sera lancé prochainement pour le Top Management. Parmi les projets, la direction du SSR Botanic Garden Trust prévoit la réparation de la grille principale et des barrières métalliques, l’ouverture d’une pépinière et la conversion des déchets verts du jardin en compost. L’aménagement d’un coin pour abriter des orchidées tout en restructurant l’espace dédié aux plantes médicinales est également prévu. « Une des vocations du jardin est la pédagogie en matière de botanique et de la conservation des plantes et de la biodiversité. On met aussi en place un plan géomètre du jardin avec l’aide des Services forestiers du ministère de l’Agro-industrie. »
Parmi les autres projets, Seelavarn Ganeshan prévoit une boutique de souvenirs, une cafétéria, un réaménagement de l’aire de stationnement, des marchands ambulants, la rénovation des toilettes et l’embellissement en général. « Nous comptons aussi développer des codes QR et avoir une application Jardin botanique qui faciliterait la visite », indique-t-il.
Mahen Seeruttun a pour sa part rendu hommage, à sa manière, à Pierre Poivre qui, dit-il, « est resté un personnage relativement méconnu, mais à qui on doit la réussite du démantèlement du monopole économique des épices détenu par des Hollandais et qui a par la suite propagé le muscadier, le giroflier et d’autres arbres à épices dans toutes les îles tropicales du royaume de France ». Le ministre dit déplorer l’état d’abandon du Jardin de Pamplemousses. « Le jardin était en grand danger souffrant d’une dégradation, d’un manque d’entretien, et le château était tombé en ruine. Avec le Trust du Jardin et des services de mon ministère, nous nous sommes attelés à la sauvegarde de ce patrimoine précieux que représentent le jardin et le château », souligne-t-il.
Pour Mahen Seeruttun, la rénovation du Château Mon Plaisir s’inscrit dans la même optique, soit la réhabilitation du Jardin de Pamplemousses dans son ensemble. Il précise en outre que l’initiative du nouveau Conseil d’administration du Trust du Jardin, en décembre 2015, avait permis à Gilles Clément, botaniste et paysagiste, de faire un état des lieux. Suite aux conclusions du rapport, une orientation du site a été décidée. « Gilles Clément a trouvé que la politique d’orientation du site doit pouvoir se faire au bénéfice des fonctions élémentaires du jardin qui est de mettre en relief la beauté des paysages, l’expression de la diversité et le plaisir de la promenade. Il a aussi fait mention de la pédagogie en proposant qu’avec le Château Mon Plaisir et d’autres bâtiments existants, Pamplemousses puisse bénéficier d’une structure d’accueil capable de mettre en place une pédagogie de jardin planétaire englobant consultations d’archives accès à Internet, aux ateliers, conférences et expositions. »
Mahen Seeruttun rappelle que Maurice comporte un nombre restreint de jardins, de forêts tropicales et d’espaces verts et que seulement 2 % de la forêt tropicale a survécu. Il insiste sur le fait qu’il est important de se poser la question « sur l’équilibre à maintenir entre le développement économique et la préservation de la nature, de l’embellissement de l’environnement et de la création d’espaces verts ». La nouvelle politique du gouvernement, dit-il, est de reverdir le paysage urbain par la création de jardins et d’espaces verts en vue de préserver l’héritage naturel. Il devait par ailleurs saluer le travail de Daniel Maestracci, architecte paysagiste qui a commandité une étude pour la réhabilitation du jardin.