Deux institutions du secteur de l’éducation fêtent cette année le centenaire de leur fondation : la Chinese Middle School celui de son inauguration, en 1912, et le Collège Royal de Curepipe, celui de la pose de sa première pierre la même année. Si la première fera l’objet d’une grande célébration en novembre prochain, la seconde devrait dès à présent connaître des préparatifs en vue de dignes commémorations de son inauguration le 13 janvier 1914.
C’est en novembre 1912 que des notables de Chinatown, les commerçants Lai Fat Fur, Venpin and Ng Cheng Hin, fondent la Chinese Middle School (Shing Fah) présentement située à Rue Dr Joseph Rivière, Port-Louis. L’objectif premier était la transmission des valeurs de la culture chinoise aux jeunes générations issues de la diaspora. Calqué sur le modèle social de la baïtka indo-mauricienne, l’école a joué un rôle déterminant dans la bonne intégration socio-économique de la communauté sino-mauricienne. L’enseignement dispensé a su, au long de ces cent dernières années, allier connaissances académiques et artistiques (peinture, musique), préservation de la culture telles les langues ancestrales, et valeurs sociales inhérentes à la communauté : sens de l’effort et du sacrifice, du travail, de la famille, entre autres.
D’abord, une institution d’enseignement primaire, l’école devint une lower middle school en 1941 et accueille des élèves jusqu’à la Form III. Sa population estudiantine devait connaître une croissance remarquable, atteignant jusqu’à 1 200 élèves dans les premières années 1960. Son enseignement de la culture chinoise était unique sur le continent africain et certains de ses élèves venaient même de la communauté chinoise installée à l’île de La Réunion. L’école opéra sur une base quotidienne pendant plusieurs décennies mais au fil des années, les familles sino-mauriciennes devaient choisir d’envoyer leurs enfants dans les établissements du mainstream, ce qui a eu pour résultat que la population de la Chinese Middle School a connu une nette diminution durant la deuxième moitié de années 60. Durant les années 70, faute d’une fréquentation suffisamment élevée, l’école cessa ses classes en jours de semaine pour ne conserver que les cours dispensés le week-end. Toutefois, elle devait connaître un regain d’intérêt durant les années 80/90, notamment pour les langues ancestrales et particulièrement le mandarin, avec l’implantation de la zone franche à Maurice. Aujourd’hui ses 13 enseignants se dévouent essentiellement à l’enseignement de cette langue à plus de 300 élèves, du préprimaire à la Form V, et à des étrangers.
Une vingtaine de directeurs bénévoles gère la Chinese Middle School, qui est par ailleurs ouverte à tous les Mauriciens souhaitant mieux connaître la culture chinoise. En 2009 la Médaille de la Cité de Port-Louis lui a été conférée pour sa grande contribution dans le domaine de l’éducation. La Chinese Middle School a aussi eu ses heures de gloire dans le domaine sportif, ses terrains de jeux ayant abrité des matches épiques dans les années 40-60. Elle est réputée pour avoir formé de talentueuses équipes de basket-ball et de football, redoutées pour leur endurance et la justesse de leurs frappes.