Au Collège du Saint-Esprit, à Quatre-Bornes, les célébrations des résultats du HSC sont vécues dans « l’esprit de famille », loin du culte de la personnalité. Si Jacques Malié, recteur de l’établissement, rappelle la « fierté légitime » d’avoir pu récolter sept lauréats, le ton au Saint-Esprit est plus humaniste qu’académique. Ce matin, les garçons en blanc célébraient « la production d’hommes ».
Le Collège du Saint-Esprit (CSE) semble rodé à la production des lauréats. Y a-t-il une recette ? Réponse de Jacques Malié aux élèves ce matin à Quatre-Bornes : « Le système de deanship (ndlr : le CSE est le pionnier à Maurice dans l’utilisation de cet outil pédagogique), de form-masters, la détection des lauréats potentiels, l’attention particulière. » Il s’agit là bien d’un cadre, un « environnement », comme le signale Cédric Ho Tiu (SSR Scholarship, 1er en sciences) lors de son allocution. Ayant été élève au Bell Village SSS jusqu’en Form V, il ne connaîtra le CSE qu’en lower ; une rencontre, « un accueil » qui aura su dissiper l’angoisse du changement.
Il doit bien y avoir une méthode. Lindsay Thomas, vice-recteur, tient à préciser qu’il y a des hommes derrière, dont un en particulier : Jacques Malié. Quelle particularité ? Une évidence statistique — M. Malié, dans ses discours, reste d’ailleurs toujours très proche des chiffres — car, depuis sa nomination au poste de recteur en 2000, il a récolté en 2013 son 60e lauréat. Et pour rester dans les chiffres : c’est également le 75e anniversaire du collège.
L’heure était aux lauréats, bien sûr. Mais la pédagogie du CSE semble reposer fidèlement sur le devoir de mémoire, un regard sur l’actualité des anciens élèves, lauréats ou pas, mais « des hommes, surtout ». Lindsay Thomas citait ainsi les exemples d’anciens élèves : Jeff Lingayah, gréviste de la faim, Paul Bérenger, « pour sa transparence par rapport à la maladie », Adil Aboobakar, auteur de The Treasures of Karlongton, qui prête sa plume à la fiction après ses années au collège consacrées… au rap !
« Where we come from ? Who we are ? » chantaient-ils vers la fin de l’« assemblée spéciale » qui avait lieu à la Junior School. La réponse leur était donnée Jacques Malié qui, pour l’anecdote, a 60 ans : « Au Collège du Saint-Esprit, on apprend à s’épanouir, à croire en soi, en ses talents et en son potentiel ». Qu’apprend-on à l’école ? On apprend « à croire ».
Par ailleurs, les héros du jour — Cédric Ho Tiu, Sandip Bhuckory, Kaviraasen Mootoosamy (1er, 2e et 6e Science), Ryan Tannoo, Rahul Koolwant et Jay Doorga (1er, 2e, 3e Technical) et Cédric Wong Tai Yun (5e Economics) — ont tenu à partager leurs lauriers avec « la famille, et quand on dit la famille, on dit le Collège, aussi », dans les mots de Sandip. Cédric Wong, visiblement timide, a cité la théorie des intelligences multiples, en signalant qu’il ne les possédait pas toutes et que « tou dimoun spesyal, zot tou spesyal ». « Vinn lorea, li pa rezerve a lelit » est le message de Ryan Tannoo. Kaviraasen Mootoosamy a exhorté les élèves « à oeuvrer pour le CSE ». Et Jay Doorga de témoigner : « Apre mo finn sort 15e lane dernyer, ti difisil revini. Me mo ti santi mo kapav donn ankor plis kolez-la. »
L’ambiance était bien entendu bon enfant tout en y conciliant la sobriété requise. Et de ne pas oublier qu’à la différence des stars schools, le CSE est un « mixed abilities ». La cuvée 2012, est composée de 96,7 % de Pass, classant le CSE à la deuxième place derrière le RCPL.