Outre d’avoir été retenu parmi les dix finalistes du Commonwealth Good Education Practice Award 2012 sur une centaine de candidatures, Prevokbek obtient une belle note dans le rapport « Commonwealth Education Partnership 2012-2013 ». « Prevokbek breaks taboos about the status of Kreol Morisien. Since 2005 it gradually influenced public opinion and informed government policy decision », peut-on lire dans le volet consacré à la « Good Education Practice » figurant dans ce document, lancé jeudi par le Secrétaire général du Commonwealth. « Je dédie cette reconnaissance internationale à tous ceux qui ont cru dans ce projet éducatif dès le début », dit Gilberte Chung, directrice du Bureau de l’éducation catholique.
Ce volumineux rapport, comme son titre l’indique, donne les grandes lignes du partenariat dans le domaine de l’éducation au sein de cette organisation internationale anglophone tout en dressant un profil du secteur éducatif des 54 pays qui en sont membres. S’agissant de Maurice, le rapport fait état des initiatives prises sur le plan gouvernemental pour atteindre le « millenium goal », notamment l’« Education for All » en 2015, et pour une amélioration de la qualité de l’éducation. Les auteurs du rapport soulignent aussi les efforts de la société civile et des partenaires privés pour élargir l’accès à l’éducation. Dans le volet concernant la Commonwealth Education Good Practice Award 2012, il y a une appréciation des dix projets retenus pour la phase finale.
On peut lire au sujet du Prevokbek figurant dans ce document : « The work accomplished by teachers with the support of parents and students, bears witness to the importance of the mother tongue for equality of opportunity and equality of agency in education. We look ahead to a mauritian mother tongue based curriculum alongside other multi-lingual education projects within the Commonwealth. »
Pour rappel, il y avait 110 entrées pour cette Commonwealth Education Good Practice Award 2012, et les dix finalistes représentaient les pays suivants : le Rwanda, la Nouvelle-Zélande, les Seychelles, le Malawi, la Malaisie, le Mozambique, l’Ouganda et Maurice. Le concours a été remporté par le Rwanda et les résultats avaient été annoncés mercredi dernier, soit le jour de l’ouverture de cette 18e Conférence des ministres de l’Éducation du Commonwealth, qui s’est achevée hier.
Trois faits marquants ont été notés pour le Prevokbek durant cette conférence, lesquels confirment une reconnaissance internationale pour ce programme éducatif : (1) la participation à la phase finale de l’Education Good Practice ; (2) la présentation du projet au cours du Stakeholders Forum et ; (3) cette mention dans ce nouveau « Commonwealth Education Partnership ». La direction du BEC en est fière et n’a pas manqué de rendre hommage à la détermination et au courage des enseignants à rester accroché au projet malgré les nombreuses difficultés. Soulignons que l’enseignement pour toutes les matières est dispensé dans un cadre bilingue (anglais-kreol). « C’est une reconnaissance du travail accompli. Je dédie cette reconnaissance internationale à l’ensemble du personnel du Prevokbek. Il faut rendre hommage à tous ceux qui ont défriché le terrain en 2005 et qui ont cru dans ce projet. Nous avons influencé les décideurs politiques sur la question de la langue maternelle et c’est une grande satisfaction », commente Gilberte Chung, la directrice du BEC.
L’obtention de cette reconnaissance du Commonwealth sera célébrée avec l’ensemble de la communauté scolaire de Prevokbek vendredi prochain lors de la cérémonie annuelle de remise de diplômes à ceux qui terminent leur parcours scolaire après trois ans d’études. C’est le rassemblement des « school leavers » de la filière Prevokbek et l’événement aura cette fois lieu au Collège BPS-Fatima, situé à Goodlands. La graduation ceremony dans ce secteur de l’éducation catholique coïncide chaque année avec le Literacy Day, décrété par l’Unesco, célébré le 8 septembre.