« Comme à son habitude, le gouvernement PTr laisse tomber les travailleurs et privilégie les gro palto. » C’est l’avis du MSM après l’annonce par le ministre des Finances, Xavier Duval, du quantum pour la compensation salariale qui prendra effet en janvier 2013. Lors d’une conférence de presse, hier, le leader du parti, Pravind Jugnauth – qui se dit « choqué » par le calcul du taux d’inflation effectué par le Grand Argentier – a fait ressortir qu’avec ce taux, « inn cokin bann travayers. » Il est revenu sur le ruling du Comité des Nations Unies, concernant le cas intenté par Rezistans ek Alternativ devant la Cour des Droits de l’Homme et relève des lacunes de la part de l’Etat sur ce dossier. Se disant « catégoriquement contre un nouveau recensement » en remplacement de celui de 1972, le MSM est d’avis que « cela balkanisera notre pays et mènera à une situation explosive au niveau social. » Le leader du parti s’attarde sur l’affaire Gro Derek, déplorant le manque de volonté du PM Navin Ramgoolam pour instituer une Commission d’enquête sur le trafic de drogue à Maurice. Dénonçant les connexions politiques dans cette affaire, il demande à la police de ne pas céder aux pressions durant le cours de son enquête.
Citant les propos du ministre des Finances à l’effet que le pays est touché par les effets de la crise, mais que la situation n’est pas si mauvaise, Pravind Jugnauth estime qu' »il est clair que le Grand Argentier avait une marge de manoeuvre avant de décider du quantum. » Selon lui, la compensation salariale qui sera payée aux travailleurs ne reflète pas le taux réel de l’inflation. Il soutient qu’il y a des contradictions entre ce que dit  Xavier Duval et les déclarations du gouverneur de la Banque Centrale à ce sujet. Le leader du MSM s’étonne que le taux d’inflation ait été estimé à 4,9% en juillet, avant de passer à 4,6% en août, selon les chiffres de Statistiques. « Et pour ajouter à l’insulte, ce taux a été ramené plus bas, 4,3% sur l’ensemble de l’année, alors qu’une cascade d’augmentations de prix guette les consommateurs », s’insurge-il, arguant qu’au lieu d’une baisse du taux d’inflation, « cela aurait inévitablement dû être le contraire » et que la Banque de Maurice prévoit un taux d’inflation supérieur à 5%.
Pour le MSM, à un moment où le pouvoir d’achat dégringole, « le gouvernement a caché la vérité et finn manipule chiffre inflation. » Une situation que n’est pas nouvelle, estime le MSM, rappelant qu’entre 2006 et 2010, les travailleurs ont été lésés. Pravind Jugnauth fait ressortir que les tripartites avaient été éliminées au profit du National Pay Council (NPC) par les PTr. « Et a sak fwa, finn kokin travayers », dit-il. Le leader du MSM se dit « fier » qu’au temps où il était ministre des Finances, la compensation salariale accordée dépassait le taux d’inflation. Il rappelle qu’il avait revu à la hausse le seuil du salaire minimal.
« Gouvernma valet ar patron »
Selon lui, la révolte du peuple ne se fera pas attendre, car contrairement aux employés qui sont traités comme du paillasson par le gouvernement, ce dernier est en train d’accorder des jackpot aux gro palto. « Nu pe retourn à lepok kot gouvernma pe fer valet ar patron et pe pliss consommateur », dit-il. Et d’espérer toutefois que, contrairement à l’année dernière, les personnes âgées perçoivent la compensation qui leur est due et qui leur est promise. Le leader du MSM lance un appel au ministre des Finances pour revoir la taxe sur les produits pétroliers afin d’alléger le fardeau imposé par le hedging loss de Rs 5.4 milliards sur le dos des consommateurs. Selon lui, aujourd’hui, le Grand argentier dispose d’une marge de manoeuvre pour le faire immédiatement dans l’intérêt de la population.
« Pou ena revendications ki pou met en péril l’harmonie sociale »
Dans le 2e volet de sa conférence de presse, le leader du MSM s’est attardé sur le jugement du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU tranchant en faveur de Rezistans ek Alternativ dans leur contestation de la déclaration ethnique des candidats à des élections générales. Citant plusieurs sections de ce rapport, Pravind Jugnauth déplore que l’Etat mauricien n’ait pas soumis toutes les justifications devant le comité. Il revient ainsi sur la question de recensement, faisant ressortir que l’Etat a failli à sa tâche en ne mentionnant pas auprès du Comité l’historique derrière ce recensement et sa pertinence légale, notamment en raison de l’amendement effectué à la Constitution en 1982, qui justifie qu’il n’y a pas eu depuis d’autre recensement à Maurice. Alors que certains membres du PTr se sont ouvertement et publiquement prononcés en faveur d’un nouveau recensement, le MSM exprime catégoriquement son opposition. « Si dans la pratique, il s’agit d’une chose possible, cela balkanisera le pays et nous mènera à une situation explosive au niveau social », dit le leader.
« Pou ena tou kalité revendications ki pou met en péril l’harmonie sociale et le tissu intercommunalisme », estime Pravind Jugnauth. Il demande au PTr de ne pas jouer avec le feu et soutient que le système actuel a fait ses preuves. « Le Best Loser System a contribué à une stabilité politique et à la paix sociale ainsi qu’à une représentation ethnique où toutes les communautés se sentent partie prenante du système », dit Pravind Jugnauth. « Nous ne voyons pas pourquoi il faut changer cela », dit-il. Il soutient néanmoins que son parti est pour une réforme électorale avec une dose de proportionnelle et une plus grande représentation des femmes. Pravind Jugnauth tient à préciser que si la réforme électorale est une priorité, il ne s’agit pas de la priorité des priorités.
Revenant sur les Regulations à apporter au Local Government Act en vue des sanctions à instaurer si un groupe ou un parti n’alignait pas de femmes parmi les candidats lors des élections, Pravind Juganuth estime que les propos du président de la République Kailash Purriyag, à l’effet qu’il n’a pas force de loi pour décider, « clouent au pilori non seulement le ministre des Administrations Régionales, Hervé Aimée, mais aussi Navin Ramgoolam en tant que PM pour leurs errements sur ce sujet. » Il rappelle que l’Opposition a plusieurs fois dit au Parlement et lors de conférences de presse que cette regulation était nécessaire. « Me Hervé Aimée ti critik nu. Zordi,  la Commission Electorale et le président de la République pe donne nou raison et pe démontre l’incompétence gouvernement », dit-il.
Il relève que si le président de la République estime qu’il faut du temps, « c’est clair que c’est un autre prétexte pour renvoyer les élections régionales. » « Zot pou pretann ki bizin vote sa amendement la avant », ajoutant que le peuple voit comment le PTr est en train de violer la démoccratie. Rappelant que les élections ont été renvoyées deux fois, Pravind Jugnauth est d’avis qu’il est clair que le PTr ne souhaite pas d’élections régionales car il sait à quelle râclée il aura droit.
« Ashish Dayal : un des agents principaux de Nita Deerpalsing »
Dans un autre volet, le leader du MSM est revenu sur l’affaire Gro Derek, soutenant qu’il existe des ramifications politiques autour de cette affaire. Il indique que certains noms de politiciens du No 18 sont mentionnés dans le cadre de cette enquête, mais que jusqu’ici personne ne vient divulguer les noms. « Pourquoi cache-t-on ces informations? », se demande-t-il, n’hésitant pas à faire ressortir que le dénommé Ashish Dayal « est des agents principaux de la députée rouge Nita Deerpalsing. » Il soutient que lors des dernières élections, le PTr avait établi une baz chez ce chauffeur de taxi. Avec ces informations, le MSM souhaite que l’enquête policière s’oriente aussi vers les ramifications politiques. Selon Pravind Jugnauth, il y aurait tentative de cover up les transactions de devises dans cette affaire. « Devises kot sorti? Ki sannla ti pe fourni sa bann devises-la? », demande-t-il, laissant entendre que cela proviendrait d’un lieu, toujours à Quatre-Bornes. Et de se demander si l’argent de la drogue n’a pas été utilisé pour financer les campagnes électorales.
Parmi les nombreuses interrogations du MSM relatives à cette affaire, celle de connâitre l’identité de la personne qui serait intervenue auprès du Commissaire des prisons afin que l’imam Beeharry ne fasse pas l’objet de fouille lors de ses passages à la prison. Le MSM souhaite également connaître le rôle du Commissaire de Police dans cette enquête ainsi que le nom de la personne sous lequel est enregistré la voiture de Gro Derek. Il dit attendre des explications quant à la disparition de la voiture d’Ashish Dayal de son garage. Il s’agirait d’une BMW blanche, revèle-t-il. Pravind Jugnauth soutient qu’il existe des pressions sur les enquêteurs pour que l’enquête ne prenne pas certaines directions et demande à la police de ne pas céder à ces pressions.
Réclamant l’institution d’une Commission d’enquête sur la drogue, le leader du MSM dit ne pas comprendre pourquoi le PM s’y refuse. Rappelant le combat de SAJ contre la drogue dans les années 80, Pravind Jugnauth soutient qu’il est clair que Navin Ramgoolam n’a pas de volonté pour combattre la drogue. « Qui protège-t-il? Que cache-t-il? », se demande Pravind Jugnauth.