C’est à partir d’aujourd’hui que les aspirants juristes de Maurice et de divers pays africains se jetteront dans l’arène pour des débats en forme de procès fictif autour des droits humains. L’Université de Maurice organise pour la première fois l’African Human Rights Moot Court Competition, qui en est à sa 26e édition, en partenariat avec le Centre for Human Rights de l’Université de Pretoria. Les jeunes juristes se sont tous réunis hier à l’auditorium Octave Wiehé, à Réduit, pour ouvrir le bal, en présence du président de la République de Maurice par intérim, Parmasivum Pillay Vyapoory.
Une soirée haute en couleurs s’est tenue hier soir avec la présentation de pas moins de 20 drapeaux des pays d’Afrique présents pour ce concours africain de procès fictif. Les jeunes juristes ont quant à eux arboré leurs tenues traditionnelles pour l’occasion. Un parterre d’invités était présent lors de la cérémonie d’ouverture, chapeauté par le Head of Faculty of Law de l’Université de Maurice, Hambyrajen Narsinghen. Dans son allocution, le Pr Dhanjay Jhurry, vice-chancelier de l’UoM, a appelé à prôner la collaboration intellectuelle et académique des institutions tertiaires des pays africains et que cette Moot Competition « soit la plateforme adéquate pour que les jeunes qui formeront l’avenir se rencontrent et partagent leurs idées ». Hambyrajen Narsinghen se réjouit d’un tel concours organisé à Maurice, « malgré les contraintes budgétaires ». Et de poursuivre : « C’est un concours qui s’articule autour des droits humains. Et malgré des efforts dans ce domaine, il est décevant de voir que même nos leaders africains commettent des violations de ces droits. Nous devons être des activistes des droits humains. »
Manesh Gobhin, le nouvel Attorney General, a rappelé l’importance d’adopter une “rights-based approach” « to convert human wrongs into human rights ». Il a lui-même été l’un des étudiants en droit ayant représenté Maurice à ce concours africain en 1995. Le président de la République de Maurice par intérim, Parmasivum Pillay Vyapoory, a pour sa part fait état de l’importance de la préparation de la nouvelle génération d’avocats pour les débats sur les droits humains, rappelant que cet événement inédit à Maurice « est le plus grand forum d’étudiants en droit d’Afrique ». Il poursuit : « C’est une opportunité pour chacun d’avoir des connaissances approfondies sur les droits humains et aussi pour ces jeunes de divers pays d’Afrique de mieux comprendre la constitution de ces pays. »
Après les réjouissances d’hier, place maintenant à la compétition, dont les tours préliminaires débutent aujourd’hui. La finale, lors de laquelle les meilleures équipes s’affronteront, aura, elle, lieu samedi.