Condamné à 38 ans de prison pour trafic de drogue entre Madagascar et Maurice, Prithviraj Deepchund a fait appel, trouvant sa sentence « excessive and manifestly harsh ». L’affaire a été appelée hier pour une première fois devant le Chef juge Keshoe Parsad Matadeen et a été renvoyée à une date ultérieure.
Rijanirina José Alain Andriamanga, un passeur malgache appréhendé par l’ADSU avec 62 boulettes d’héroïne en juin 2010, l’avait identifié en cour comme étant « le patron ». Défendu par Mes Gyansham Bhanji-Soni, Kevin Lukeeram et Sulakshna Gigabhoy, Prithviraj Deepchund avait plaidé non coupable devant le juge Benjamin Marie-Joseph siégeant aux Assises. Cet ancien habitant d’Hermitage, propriétaire de magasin, avait été trouvé coupable et condamné le 24 mars 2013 à 38 ans de servitude pénale et à une amende de Rs 200 000. Pendant les auditions, plusieurs témoins de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) avaient été appelés par les représentants du ministère public, le Senior State Counsel Jean-Michel Ah-Sen et la State Counsel Kevina Poollay-Mootien. Le passeur malgache avait été présenté comme témoin oculaire dans l’affaire. Il avait ajouté avoir fait la mule après avoir été approché par des dénommées Nirina et Sandrine qui, selon lui, travaillaient pour Deepchund. Leur rencontre remontait au 21 juin 2010 dans un hôtel à Madagascar. Andriamanga avait accepté de faire le travail contre des billets d’avion pour Maurice et 500 euros.
Lors de sa déposition en Cour, l’inspecteur Seeneevassen avait affirmé que la drogue saisie sur Rijanirina José Alain Andriamanga pesait 619 g et valait Rs 9,6 millions. Le juge avait expliqué que sa présence sur les lieux au Glacier Hotel à Madagascar lors de la rencontre constituait un acte préparatoire. Andriamanga avait dû ingurgiter 62 boulettes dans la Grande Île et faire le voyage pour Maurice. Me Gyansham Bhanji-Soni avait affirmé dans sa plaidoirie que la police avait laissé des zones d’ombre dans l’enquête et que son alibi n’avait pas été vérifié.