Plusieurs stakeholders seront mis à contribution dans le cadre de cet exercice de simulation. Pompiers, service ambulancier, Special Mobile Force (SMF), autres services de police, services de secours… Tous seront présents pour les besoins de cet exercice de simulation, qui se déroulera le 4 septembre. « Il s’agit pour la police de tester sa réponse opérationnelle et de mettre en pratique son plan d’action et d’évacuation en cas de catastrophe réelle et de perfectionner notre plan après l’évaluation de l’exercice », explique le Chef Inspecteur Moosohur.
Cette simulation de glissement de terrain a lieu après la série d’événements malheureux qu’a connue cette région avec l’effondrement d’un mur de plusieurs mètres en août 2012 — construit sans autorisation de la municipalité —, des coulées de boue pendant le passage du cyclone Dumilé et de glissements de terrain, avec la chute de rochers provenant des pentes où avaient eu lieu des travaux d’extraction. Ces risques ont été confirmés par des experts de la Japan International Cooperative Agency dans un rapport conjoint avec le ministère des Infrastructures publiques, qui fait état de risques d’éboulements (rockfall) et de coulées de boue (mudflow). Le Structural Investigation Report fait état de « Landslide Hazard Level 4 ».
Inaction des autorités
Les habitants du Morcellement Hermitage continuent pour leur part de dénoncer « l’inaction » des autorités face aux dangers potentiels de glissements de terrain dans cette zone. « L’hiver tire bientôt à sa fin et l’été viendra avec sa saison inévitable de grosses pluies et de cyclones », lance un habitant, le regard inquiet, vers le terrain laissé à l’abandon depuis un an par des promoteurs, qui se souvient encore de la crainte vécue par les habitants ayant constaté des coulées de boues en début d’année pendant le passage du cyclone Dumilé. Les habitants dénoncent également l’attitude des promoteurs — puisqu’il y en aurait au moins deux — engagés dans ces travaux de terrassement et de concassage de rochers, qui ont été arrêtés après un stop order émis par la municipalité de même qu’une injonction, par le juge Fekna, pour interdire tout type d’activités dans la zone concernée par les risques de glissements de terrain à Morcellement Hermitage.
Les habitants ont effet le sentiment que le promoteur « se croit au-dessus des lois ».
« Y aurait-il complicité politique dans cette affaire ? Parce que le gouvernement ne réagit pas… » s’interroge ainsi un autre habitant. Dans le rapport technique approfondi des ingénieurs du ministère des Infrastructures publiques et des experts de la Japan International Cooperation Agency, il a été recommandé que le promoteur procède en urgence à l’identification des rochers représentant un danger potentiel pour la sécurité des habitants, particulièrement ceux se trouvant en amont du site, risquant de tomber à tout moment, surtout en périodes de grosses pluies, et de les extraire immédiatement. Mais rien a été fait. Le mur de soutènement, qui devait être construit par le promoteur Hans Beerjeeraz sur le site rue Maxime Boodoo, se fait toujours attendre un an après l’effondrement du mur en août 2012. Le terrain est toujours abandonné avec ses barrages de tôle placés sur la route et qui continuent d’ailleurs d’obstruer une bonne partie de la route.
Les conseillers des villes soeurs ont attiré à maintes reprises les autorités sur l’urgence de la situation, en soulignant la portée nationale de ce problème qui met en péril la sécurité des habitants du morcellement. Le maire Toussaint André avait lui-même présenté une motion pour réclamer une prompte intervention du gouvernement, en ciblant principalement le ministère des Administrations régionales et celui des Infrastructures publiques.
Une rencontre est d’ailleurs prévue entre les habitants et la mairie cet après-midi pour faire le point sur la situation. La municipalité s’est engagée dans une bataille légale avec le promoteur Hans Berjeeraz « afin de le confronter à ses responsabilités ». Jusqu’à l’heure, il semblerait que le promoteur ne réponde pas aux nombreuses correspondances et autres actions en justice de la mairie puisque rien n’a été fait pour restaurer la zone, de même que le mur de soutènement n’a toujours pas été construit.