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Business Mauritius, qui confirme avoir soumis au gouvernement des propositions complémentaires pour affronter le post-COVID-19 sur le plan économique, se dit en faveur de « mesures décisives à être prises rapidement pour la reprise des activités ». C’est ce qui ressort d’un communiqué officiel émis en début de soirée d’hier face « aux turbulences virales de ECO-VID-20 » ou encore comme le précise le secteur privé « le grand défi économique ne fait que commencer ». Dans cette perspective, le patronat pousse pour que le modèle de la France sur la question de chômage technique avec une révision du cadre régissant les relations industrielles soit adopté à Maurice.

« Il ne fait aucun doute que des mesures décisives doivent être prises très rapidement pour assurer une reprise dans les meilleures conditions — le moment venu — des activités, prévenir les mises à pied et protéger les travailleurs vulnérables. Les décisions prises aujourd’hui détermineront la santé de la population et de notre économie pour les années à venir », fait ressortir Business Mauritius comme pour mieux mettre en exergue l’urgence de la situation.

Dans ce même élan, le secteur privé privilégie l’option à être accordée aux employeurs d’avoir recours au chômage technique comme c’est le cas en France « pour faire face à cette situation de crise qui les oblige à réduire leur activité. »

Pousuivant à ce chapitre, Business Mauritius note qu’ « un tel système permettrait de compenser la perte de revenu dû à la réduction du temps de travail des salariés en leur donnant en même temps des possibilités de formation et en les encourageant à rechercher des possibilités de redéploiement dans les secteurs où la main-d’oeuvre est requise. » Business Mauritius prône la mise en application d’autres mesures complémentaires, telles que des prêts bancaires bénéficiant d’une garantie importante de l’État pour sauvegarder les capacités de production du pays.

Dans la conjoncture, la crainte exprimée dans le monde des affaires est que « de nombreuses entreprises locales n’auront d’autres recours que de prendre des mesures drastiques. Et d’ajouter que le temps presse. Beaucoup d’entreprises, de toutes tailles, savent aujourd’hui qu’il leur sera extrêmement difficile de reprendre leurs opérations. Il ne faut pas oublier non plus que plusieurs secteurs importants de notre économie, tels que le textile ou le tourisme, faisaient déjà face à de lourdes difficultés avant même la pandémie. »

Le secteur privé avance qu’il « faut éviter à tout prix l’effet domino sur les plus petites entreprises et les freelances qui sont aujourd’hui nombreux et dépendent, pour beaucoup, des moyennes et grandes entreprises. Au final, ce sont des milliers de personnes qui pourraient se retrouver sans emploi, les premiers étant souvent ceux dont l’emploi était déjà précaire. » « Avec l’aide des professionnels des différents secteurs, nous avons fait de nombreuses recommandations sur plusieurs dimensions, qu’elles soient sanitaires, sociales ou économiques. Ces recommandations visent tous les secteurs de notre économie, mais portent une attention particulière aux secteurs les plus impactés. Nous avons aussi accordé une grande attention au segment des PME, lesquelles sont aux prises à de graves problèmes de liquidité et de flux de trésorerie, entre autres », précise Kevin Ramkaloan, le Chief Executive Officer de Business Mauritius.

Pour sa part, le président de Business Mauritius, Vidia Mooneegan, conclut que « nous vivons actuellement le plus grand défi jamais affronté par notre pays. Pour faire face à cela, il faut absolument que nous nous unissions en accentuant la collaboration entre les parties concernées, et en privilégiant le dialogue, même sur des sujets difficiles. Nous nous devons d’apporter la meilleure réponse possible à cette pandémie, et nous pourrons le faire en concertant nos efforts. »