Détentrice d’une licence en administration et d’une maîtrise en International Business, Kobashni Pillay travaille dans la filière de l’assurance chez Jubilee Mauritius. Responsable des ressources humaines du service clientèle et de la communication, elle a aussi une autre corde à son arc, la cuisine. Gagnante du concours The Chef, une émission culinaire de la MBC, qui l’an dernier lui a permis de se démarquer, Kobashni, en confinement avec sa petite famille, n’est jamais à court d’idées. Un pesto de pipengaille en utilisant de la peau de pipengaille, des biscuits vegan, des burgers au gâteau piment avec de la salade… La cuisine, elle en a fait son credo en épatant ses enfants en portant la toque du chef. Chouette, une maman chef en cuisine !

Vivre ce confinement qui s’éternise en famille, Kobashni a décidé de faire de ses enfants son rayon de soleil en les amenant à garder le punch au quotidien. Pour eux, elle est capable d’innover, de créer et surtout de surprendre. Et pourtant, elle a été la première surprise par ce confinement et confie que, finalement, il y a du positif. « Étant une maman qui travaille, le Covid-19 me permet de passer du temps avec ma petite famille, Neil, mon mari, et mes trois enfants, Adi, Ananya et Aedan. Surtout mon dernier, très content de voir sa maman pendant toute la journée. On a le temps de prendre tous nos repas ensemble et de jouer en famille. Ce n’est pas la vie qu’on avait quelques semaines avant la pandémie, mais on s’y habitue », dit-elle.

Kobashni, qui travaille dans la filière des assurances, doit aujourd’hui se mettre dans la peau d’une femme au foyer. Cette transition, elle la vit par phases. Elle souligne qu’en temps normal, le nettoyage, le lavage et le repassage sont confiés à l’employée de maison, mais là, dit-elle, il faut s’y coller. En sus de cela, elle fait aussi du work at home en répondant aux appels du boulot tout en s’occupant de ses enfants. Changer son mode de vie pour un emploi à plein temps à la maison, Kobashni Pillay préfère opter pour une conciliation entre boulot et maison. « C’est important de trouver l’équilibre entre les deux », dit-elle. Étant actuellement prise avec les corvées ménagères, Kobashni ne peut pas vraiment prendre de temps pour découvrir ses autres talents, mais souligne avoir un livre de recettes en préparation.

Épater ses enfants par le visuel

La cuisine, le mot est lâché, et, dans ce registre Kobashni est non seulement une maman qui ravit les papilles de ces enfants avec ses recettes appétissantes, mais aussi un chef en cuisine. Des récompenses, elle en a eu lors des compétitions culinaires, mais les convives qu’elle veut épater ce sont surtout ses enfants. Voir l’expression de leur visage quand elle est aux commandes de la cuisine la ravit et l’encourage à exploiter ses talents culinaires en improvisant et en diversifiant ses plats tout en restant dans un contexte de manger sain et équilibré. Qui dit trouvailles en cuisine fait référence à des nouveautés en termes d’ingrédients, de créativité, de saveur et de goût. « Avec la pandémie, j’ai fait pas mal de plats créatifs à base de deux, voire trois ingrédients seulement. Je feuillette mes livres de recettes et j’essaie de m’adapter avec les produits que j’ai à la maison. La farine ‘aata’, je l’utilise en temps normal pour des chappatis. Pendant le confinement, j’ai fait du pain, des crêpes, des gaufres avec cette farine et les enfants n’ont même pas vu la différence », indique-t-elle. Ces réalisations du moment tournent autour des découvertes et, pour la première fois, Kobashni a fabriqué son pain maison, du pain farci avec du poulet et même des burgers. Une créativité en ébullition qui la passionne : « Je crée tous les jours avec ce que j’ai sous la main. »

Comment redonner du goût aux enfants habitués au fast-food à redécouvrir les plaisirs d’une cuisine saine et équilibrée ? À cet effet, Kobashni dit que l’astuce repose en premier lieu sur le dressage visuel. « On peut les faire manger beaucoup de choses sans qu’ils ne le réalisent. Une quiche de poulet avec des légumes ajoutés subtilement, ou encore des burgers de thon au lieu de poulet, des burgers de gâteau piment avec de la salade, un délice et du succès remporté auprès de mes enfants », précise-t-elle. L’autre particularité de la maman chef est d’avoir essayé plusieurs recettes vegan, sans beurre, ni œufs et aucun produit laitier pour la confection de mes biscuits vegan et même un gâteau au chocolat vegan. « Je dois aussi dire qu’étonnamment j’ai fait un curry de ‘glenryck’ que je ne prépare jamais en temps normal, mais que la famille a adoré », dit-elle.

Gérer sa « tente bazar » en confinement

Parlant du confinement, qui a changé sa manière de cuisiner, Kobashni Pillay explique qu’après une semaine, elle a décidé d’opter pour un brunch tous les jours en remplacement du petit-déjeuner et du déjeuner. « Cela aide à économiser sur un repas en me permettant de préparer des petits plats avec de la salade de fruits ou en légumes. Pour un brunch, au lieu de faire des gaufres sucrées, j’opte pour des gauffres salées avec des épinards et des petits burgers de thon en boîte, un plat que je n’aurai jamais fait en temps normal », explique-t-elle. Pour meubler ses loisirs, Kobashni partage ses trouvailles culinaires sur sa page Facebook, en proposant à des mamans des astuces de cuisson.

Gérer sa tente ‘bazar’ en cette période de confinement est un vrai parcours du combattant, selon notre intervenante. « Pour préserver les légumes, il faut les couper, les passer à l’eau bouillante, l’eau froide, les égoutter, les mettre dans les ‘zip lock bags’ et les conserver en congélateur. On peut avoir des légumes et des fruits pour plusieurs jours en faisant cela. Pour ne pas jeter un riz cuit de deux jours, faites une fricassée avec un œuf ou une rougaille, utiliser les restes du dîner pour le déjeuner du lendemain, en l’agrémentant. Une rougaille de ‘glenryck’ peut se manger avec des pâtes le lendemain ou en fricassé », explique la maman chef.
Kobashni a même réussi le pesto de pipengaille en utilisant la peau de pipengaille, une pomme d’amour, de l’oignon, de l’ail, une poignée d’amandes, de l’huile d’olive et du piment. Un pesto qui, dit-elle, peut se manger comme un condiment, mais aussi dans des pâtes, sur un toast ou avec des faratas. Une maman qui ne sait pas trop cuisiner, Kobashni dit que c’est le bon moment pour s’y mettre à travers les vidéos culinaires sur YouTube, dont celles des chefs mauriciens. Quant à ses enfants, pour canaliser leur énergie en cette période de confinement, elle mise sur un calendrier quotidien équilibré. « Mes deux plus grands enfants sont occupés pendant la semaine avec les devoirs en ligne. Mon mari et moi jouons au Monopoly avec eux après les devoirs, à la balle dans le jardin, Ils font la vaisselle de temps en temps et arrosent les plantes. Il faut juste un peu d’imagination pour les occuper », dit-elle.

Depuis le Covid-19, la perception de la vie a changé pour Kobashni Pillay. Elle précise : « Ce confinement nous a appris beaucoup de choses, celles d’apprécier ce qu’on a : la famille, l’amour, la santé. Mais aussi, il nous montre comment vivre plus simplement, manger sainement sans fast-food, arrêter de faire du gaspillage. Je vais continuer sur cette lancée de simplicité et je voudrais aussi commencer à planter des légumes. » En tant que maman chef en cuisine confinée, Kobashni a plus de temps en termes de réalisations culinaires. Son mot d’ordre est d’éviter le gaspillage en recyclant des plats et en créant de nouvelles recettes avec le peu d’ingrédients existants.