« Un groupe de personnes ne peut prendre le pays en otage », estiment les membres du Front Commun Hindou, se référant aux opposants du projet de centrale à charbon de CT Power à Pointe-aux-Caves. Le FCH a ainsi annoncé une manifestation pour contrer la résistance de la Plateforme Citoyenne. Son président Somduth Dulthumun en appelle au Premier ministre Navin Ramgoolam pour que la firme malaisienne CT Power obtienne au plus vite son Environment Impact Assessment Licence.
Alors que la Cour suprême a renvoyé au 5 novembre la demande de Stay of Execution de la Plateforme Citoyenne (PC), le Front Commun Hindou (FCH) revient à la charge pour la concrétisation d’une centrale à charbon à Pointe-aux-Caves. Il sollicite l’intervention du Premier ministre sur le dossier CT Power.
De plus, suite à un jugement de l’Environment Appeal Tribunal (EAT) le 16 juillet, cette firme malaisienne a eu gain de cause pour l’octroi d’un Environment Impact Assessment (EIA) Licence.
Somduth Dulthumun s’interroge sur la lenteur administrative pour l’obtention de ce document. « Lakour inn rann so verdik. Kifer minister pe tarde pou donn li ? » s’interrogeait-il hier à une conférence de presse à Port-Louis. Et d’ajouter : « Pourquoi cibler CT Power alors ki li pann ankor mem koumans travay ? Il s’agit ici de notre survie énergétique. »
Somduth Dulthumun demande aussi au gouvernement d’éviter le monopole de la production d’énergie. Commentant les « prix exorbitants » de l’électricité pratiqués par le Central Electricity Board, il indique que le pays a tout à gagner avec l’installation de CT Power. « Bann prix propose, li 100 % pli bon marche. »
Pour sa part, la Plateforme Citoyenne a retenu les services de plusieurs hommes de loi en vue de freiner le projet de CT Power dès l’annonce, dans la presse, du ministre de l’Environnement Deva Virahsawmy concernant l’attribution du permis à la firme. Bénéficiant du soutien de Mes José Moirt et Rex Stephen d’Astor Law International, la plateforme a demandé un Stay of Execution pour que le EIA Licence ne soit pas délivré à CT Power.
La demande formulée le 17 octobre a été entendue lundi. L’absence des représentants du ministère de l’Environnement a eu pour résultat le renvoi de la séance au 5 novembre. La requête de la Plateforme Citoyenne vise aussi à contester la déclaration du ministre qui, selon Georges Brelu-Brelu, représentant des forces vives d’Albion et de Pointe-aux-Sables, a été formulée avant les conclusions de la Cour suprême.
Concernant les démarches juridiques de la PC, le Front Commun Hindou soutient qu’« un groupe de personnes ne peut prendre en otage le pays ».
Interrogé sur les risques environnementaux que pourrait entraîner la centrale à charbon de 110 MwH à Pointe-aux-Caves, le FCH fait comprendre qu’« ils ne seront pas plus conséquents que ceux produits par les différentes industries sucrières du pays ; au contraire, CT Power envisage d’utiliser les dernières technologies afin de minimiser les risques de pollution. »
Pour le front commun, il s’agit d’une lutte citoyenne qui débute. Le coup d’envoi de son opposition à la résistance qui s’organise sera donné par une manifestation prochainement. « La PC envisage une manifestation le 3 novembre. Avec sa pétition, elle n’a pu réunir qu’une centaine de signatures, mais nous sommes sûrs de rassembler le double. Nous contestons vivement cette opposition parce que nous sommes pour la démocratisation de l’économie », soutient Somduth Dulthumun, président de la FCH.
De son côté, la PC affirme ne pas s’opposer à CT Power mais plutôt à l’éventuelle installation d’une centrale à charbon. « Si CT Power vinn dir nou li pou instal enn ferm eolienne dan Pointe-aux-Caves, li pou gagn nou soutien. Me enn central a charbon li remet an koz lavi bann abitan san konte sitiasion socio-ekonomik pei », explique-t-elle. La marche de la PC en faveur de l’environnement le 3 novembre débutera à Beau-Bassin et prendra fin dans la capitale.