En finir avec les abus au niveau des organisations non-gouvernementales (ONG) et l’indifférence des autorités. C’est dans cette optique que la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) et la Private Enterprise Employees Union (PEEU) réclament une instance régulatrice pour les écoles spécialisées. Les syndicats tirent la sonnette d’alarme sur les conditions d’emploi dans ce secteur, où la majorité des personnes touchent moins de Rs 6 000.
Pour soutenir leur campagne Assez discrimination, la CTSP et la PEEU lèveront le voile, chaque semaine, sur un secteur où les salaires sont en dessous de Rs 6 000. C’est le cas pour les écoles spécialisées gérées principalement par des ONG. Le syndicaliste Reeaz Chuttoo estime que c’est discriminatoire de la part de l’État de mettre en place une politique pour les enseignants du mainstream, alors que ceux des écoles spécialisées ne sont même pas reconnus. « Ce sont des décisions politiques qui ont mené à une telle situation. Ces enseignants spécialisés, pour la plupart des femmes, font un travail beaucoup plus difficile que ceux des écoles dites normales, mais leur salaire est nettement moins élevé. »
La CTSP a fait une demande l’année dernière pour que ce secteur soit régularisé. « Même si l’élaboration d’un Remuneration Order a été acceptée, ce n’est que maintenant que le NRB a commencé les auditions », souligne Jane Ragoo. La CTSP qui a déposé la semaine dernière, suggère entre autres, la catégorisation des employés en huit groupes : Teacher in charge/Supervisor, Teacher, Assistant Teacher/Instructor, Nursing Mummy/Carer, Cleaner/school attendant/watchman, Driver/attendant et Administrative staff. Le salaire proposé oscille entre Rs 15 000 et Rs 11 850. « On ne peut dire que nous avons exagéré car ces chiffres sont en deçà de ce que touche un enseignant dans le primaire, par exemple. »
La CTSP suggère également d’autres conditions comme un vacation leave après 10 ans de service, une maternity allowance de Rs 4 000 et un medical grant, entre autres. Ces propositions ont été soumises au National Remuneration Board (NRB). Mais valeur du jour, la majorité des personnes travaillant dans les écoles spécialisées touchent moins de Rs 6 000. « Seul l’APEIM a fait un effort en offrant davantage, mais ce n’est pas suffisant. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités comme il le fait pour les autres enseignants. »
Plus que cela, la fédération syndicale est d’avis qu’il est nécessaire de mettre en place une instance régulatrice, sous l’égide du gouvernement, qui s’occupera des conditions de travail dans les écoles spécialisées. « Depuis que le CSR existe, des écoles spécialisées ont poussé comme des champignons. Il est important qu’il y ait un contrôle sur ces écoles. Nous avons essayé en vain de savoir combien touchent les gens qui travaillent dans l’administration de ces écoles. Il faut qu’il y ait une instance pour contrôler tout cela. »
Reeaz Chuttoo cite encore l’exemple du Mauritius Mental Health où certaines personnes travaillaient sans salaire depuis deux ans. « On les considérait comme des volontaires. Nous avons dû avoir recours à la justice pour qu’elles aient un salaire. »
De son côté, Jane Ragoo salue l’initiative des ONG de se regrouper pour militer pour les droits des enfants handicapés. Toutefois, souligne-t-elle, « personne ne discute pour les enseignants. C’est pour cela que nous estimons important d’avoir une instance pour les représenter. Le travail des enseignants spécialisés doit être valorisé. »