C’est dans une semaine que le coup d’envoi de la saison cycliste sera donné, faute d’autorisation nécessaire pour le Circuit du Champ de Mars, ce dimanche. Alors que la saison ne prendra son envol que la semaine prochaine, un petit état des lieux, en attendant de voir les coureurs en action. Un constat : le nouveau comité doit désormais convaincre.
Le coup d’envoi de la saison sera le premier baromètre. Déjà, à l’annonce du report de la course, les coureurs avaient manifesté, sur le net, leur mécontement et leur désapprobation.
Plusieurs raisons ont été avancées pour expliquer ce report. Les licences qui n’ont pas encore été renouvelées, l’absence d’autorisations policières, autant de rumeurs qui ont filtré à un moment, mais qui au final, ont été démenties. « Nous n’avons pas eu les autorisations nécessaires », avait expliqué Hervé Flore, président de la Fédération mauricienne de cyclisme (FMC), dans notre précédente livraison.
Ceci étant maintenant un problème réglé, les regards sont donc tournés vers la saison elle-même. Une saison qui aura pour point d’orgue le Tour de Maurice, qui contrairement aux années précédentes, se déroulera au milieu de la saison hivernale (28 mai au 2 juin).
Une idée qui est venue du comité technique, qui a soutenu que les coureurs ne pouvaient s’entraîner correctement pendant l’hiver. Mais Hervé Flore avait avancé un autre argument. « Nous espérons ainsi attirer d’autres équipes étrangères. Pendant les années précédentes, il y a eu des équipes qui n’ont pu venir parce qu’elles avaient épuisé leur budget. »
Mais reste à savoir quel visage présenteront les équipes sur le Tour. Verra-t-on la Team Computer Smith, ou encore la Bionic/V-Office, grandes habituées du Tour, en action sur les routes ? Là est la question.
Les championnats nationaux, par contre, surviendront tout juste une semaine après le Tour de Maurice. Idée payante ou pas ? Une question qui a généré une réponse un peu logique de la part des cyclistes. « Ridicule », laisse échapper un coureur. « Je ne comprends pas comment on peut organiser les championnats après un Tour de Maurice », laisse-t-il.
Maintenant que les grandes dates du calendrier ont été présentées, zoom sur le peloton. Encore une fois, son état squelettique soulève des interrogations. Quelles sont les actions entreprises par la FMC pour augmenter le nombre de licenciés ?
C’est surtout le peloton élite (catégories 1/2 et juniors) qui souffre d’un manque de coureurs. Les catégories 3 et 4, quant à elles, semblent plus dynamiques. Tant et si bien que certains coureurs de la catégorie 2 ont demandé à descendre en catégorie 3.
Ce chamboulement dans le calendrier a d’autres implications. D’une part, cela entraînera une coupure d’un peu plus d’un mois selon le calendrier établi (du 21 juillet au 18 août).
La question, lors de l’annonce du calendrier, l’année dernière, était de savoir comment rendre la deuxième partie de la saison plus intéressante. Un critérium pour la reprise, un contre-la-montre à la Montagne des Signaux, et les deux dernières manches du Challenge de l’Étoile Montante, pour ne citer que ces épreuves, contribueront à rendre la fin de l’année passionnante.
À une semaine de la nouvelle saison, aucun grand changement n’est à noter parmi les équipes. Pas de transferts importants, pas de recrutement massif, mais plutôt des équipes qui ont choisi de parier sur leur forces actuelles. Le VCJCC-Bank One comptera dans son noyau ses fidèles Yannick Lincoln, Sébastien Tyack, Mathieu Le Blanc et Fabien Halbwachs. Du côté de l’UCRH-Engen, on n’annonce aucune venue. Mais on fait état du probable départ de Yolain Calypso,  libéré de toute obligation envers le club rose-hillien.
Le BRSC-Isostar, par contre, a quant à lui perdu quelques-uns de ses éléments les plus prometteurs, dont Gabriel Mayer. Son sprinteur, Thierry David, en stage en Afrique, ne revient pas avant un mois. Ce début de saison pourrait donc sacrer des vainqueurs inédits, en attendant les courses dites “chasses gardées”.
La question de ce faux départ, le premier de la saison — et espérons-le, le seul — laisse penser que la machinerie n’est pas tout à fait lancée. La semaine prochaine, ce n’est que quand le signal du départ sera donné que le comité directeur de la FMC pourra pousser un ouf de soulagement. Sinon, cette année sera une épreuve de force…