Le Sud-Africain Willie Smit a remporté, hier au Plaza, la dernière étape du Tour de Maurice cycliste, en dominant au sprint le Mauricien Yannick Lincoln en 2h21’02, soit deux secondes de mieux que ce dernier. Smit a conservé en même temps son maillot jaune pour remporter son premier Tour à seulement 22 ans. Il aura mis un total de 13h42’32 pour rallier l’arrivée finale du Tour, soit 36 secondes de mieux que le Français Sylvain Georges, grand favori de l’épreuve.
« I didn’t want to win, but I did it to prove that I could ». Le maillot jaune signe ces mots. Willie Smit a montré, au terme des six étapes, qu’il avait les épaules assez larges pour se peindre une cible dans le dos et continuer à avancer. « C’est définitivement mieux que 2012, quand je perds le jaune dans la grande étape ».
Il était donc conscient que le jaune lui attirerait les foudres du peloton. « Quand je l’ai pris, je savais que ce serait dur. Les autres prétendants avaient tout ce qu’il fallait pour me le prendre ». Mais il a tenu bon avec ses coéquipiers, dont le désormais incontournable Jaco Ferreira, son ami et entraîneur depuis sept ans. « Il doit être le plus heureux de nous tous ».
Il a bâti son succès dès la première étape, lancée sur des bases élevées. Il a résisté tout le temps, venant de temps en temps mettre le nez à la fenêtre pour épauler ses coéquipiers. « Sans eux, je ne serais pas là », reconnaissait-il vendredi.
Mais pourtant, lors du chrono vendredi matin, il se permettait de forcer la décision à la pédale. Ces 22 secondes si précieuses à sa quête, c’est avec ses tripes qu’il est allé les chercher. « Je ne voulais pas manquer le rendez-vous ».
Et samedi, alors que Sylvain Georges endossait les responsabilités liées à son statut de favori en plombant la course, lui ne paniquait pas. Au contraire, il forgeait une alliance avec les frères Lagane, qui l’aideront à revenir et à conserver son maillot.
À l’arrivée, hier au Plaza, Sylvain Georges pouvait regretter. « Il y a une petite déception. Mais c’est la règle du jeu. Smit était très fort ». Mais il se réjouit de sa deuxième place, compte tenu de intoxication alimentaire et des ennuis mécaniques dont il a été victime cette semaine. « Je me dis que ça aurait pu faire plus de dégâts ».
De son côté, Yannick Lincoln, sextuple vainqueur du Tour et quatrième cette année, ne veut pas pleurer sur le lait répandu. Il reconnaît ne pas s’être préparé en fonction de l’événement. « Je me suis focalisé sur les JIOI et les championnats d’Afrique de VTT. Et j’ai d’autres défis qui m’attendent dans les prochains jours ».
Pour en revenir à l’étape d’hier, elle a encore une fois été contrôlée par la TCS, qui ne voulait pas laisser filer son maillot jaune. Chaque échappée est passée à la loupe. Ce qui a donné à la grande vadrouille, au sixième tour, de Mike Ferrère, récompensé du maillot rouge de la combativité après l’étape, de Michael Khedoo et de Philippe Colin.
Ils prendront une certaine avance, sans toutefois inquiéter outre mesure les principaux leaders. Mais au 10e tour du circuit, la TCS sortait les gros braquets. Ils voulaient d’ailleurs lancer Smit pour son ultime sprint. « Je préfère ce genre d’arrivée, avec une petite bosse ». Mais avant de lever les bras, il lui a fallu reprendre Yannick Lincoln, parti seul à 5 km de l’arrivée. « Il fallait encore le reprendre ».
Lorsque, à 400 m du but, il passe Lincoln, il sait que la course est gagnée. Il prend son temps, se retourne et envoie un sourire à la foule. « Cette victoire représente beaucoup pour moi. Il y a les sponsors, les amis, ici et en Afrique du Sud, et beaucoup d’autres personnes qui me soutiennent », poursuit Willie Smit.
Maintenant, il se concentrera sur le reste de sa saison avec son équipe, Europcar Afrique du Sud. « Je ne suis qu’un invité au sein de la TCS. Mais j’y ai des amis ». Il aimerait par ailleurs ajouter une nouvelle ligne à son palmarès en tant que professionnel. « Mais pour cela, il faut connaître les bonnes personnes au bon moment ». Pour l’instant, il peut se reposer. Il n’a pas raté son Tour.