Pour que les denrées de base soient toujours accessibles aux personnes les plus vulnérables, la Consumer Advocacy Platform (CAP) demande l’instauration d’un contrôle des prix sur une vingtaine de produits de base. « Tous les indicateurs concordent. Nous nous dirigeons vers des temps difficiles. Le monde, souligne la Banque mondiale, se dirige vers une récession mondiale. En tant que ‘net importer’, Maurice sera frappée de plein fouet », indique la CAP.

« La crise économique, qui s’ensuivra, entraînera une flambée de prix, perte d’emplois ou réduction de salaires, avec pour conséquence la régression du pouvoir d’achat pour de nombreux ménages. De plus, en l’absence de lois sévères, certains commerçants pourraient s’adonner au mercantilisme », explique l’association. C’est ainsi qu’elle demande au gouvernement d’instaurer le contrôle de prix sur une vingtaine de produits de première nécessité de même que certains produits frais, comme le poulet et les œufs.

Le porte-parole de la CAP, Mosadeq Sahebdin, s’appuie sur ce que disent les observateurs, soit que « le monde ne sera pas le même » après le Covid-19. « La crise économique aura un impact sur la qualité et le choix des produits. En période difficile, Maurice, comme de nombreux pays en développement ou à faibles revenus, devra délaisser la politique de libéralisation », dit-il.

La CAP dit déjà noter des tendances à l’exploitation des consommateurs. « L’absence d’étiquette de prix sur de nombreuses étagères est un mauvais présage. Il n’est pas impossible que le marché noir, qui a trouvé le filon, fleurisse. Prenons pour exemple, le marché des œufs. La position dominante, occupée par le principal fournisseur, permet à celui-ci d’imposer ses conditions sur les détaillants. Face à la difficulté de s’approvisionner en supermarché, des consommateurs sont contraints d’acheter des présentoirs entiers, communément appelés plateaux, de 30 œufs à pas moins de Rs 220. Idem pour le poulet frais, les consommateurs sont obligés d’acheter des poulets entiers à des prix variant de Rs 120 à Rs 250 le kilo. Couvre-feu oblige, il n’est plus possible d’acheter le poulet en découpe », explique-t-elle.

La CAP demande que le contrôle de prix soit limité par une sunset clause, déterminant une date limite au-delà de laquelle la mesure exceptionnelle devra être revue. « Le contrôle de prix ne devra pas dépasser un an », indique-t-on. Dans un autre ordre d’idées, la CAP demande aux décideurs d’étendre aux personnes endettées auprès des agences de financement du crédit les mêmes facilités que pour les ‘home loans’, soit un gel des intérêts pour un délai déterminé. Elle poursuit : « De plus, les institutions financières, telles que CIM Finance et Rogers Capital, devront rééchelonner la dette de leurs clients sans que le montant final soit indûment gonflé et ce, à la demande de clients qui voudraient se prévaloir de ces facilités ».