Avec les premières révélations de Winsy Buttié, la Buttié/Appavoo Saga confirme la tournure d’un grand déballage interne au sein de HLB Appavoo Associates Ltd avec des conséquences accablantes pour les deux protagonistes. Sur la base de la déposition de la Lady du Mauritius Turf Club (MTC) au sujet des investissements réalisés au nom de Cordial OI Ltd, société offshore ayant pour promoteur un ressortissant français, Michel Corvalan, âgé de 42 ans, décédé il y a au moins trois ans, une escouade du Central CID a mené hier après-midi une perquisition au QG de HLB Appavoo Associates. Une autre équipe d’enquêteurs se tenait prête à exécuter un exercice similaire en la résidence des Appavoo à L’Autre Bout du Monde à Ébène.
Au final, en début de soirée, Clensy Appavoo, accompagné de son conseil légal, Me Yahya Nazroo, a dû se rendre au QG du Central CID pour des explications sur des documents saisis dans ses locaux. Le patron de HLB Appavoo Associates Ltd se retrouve depuis hier soir sous le coup d’un Arrest on Departure, le temps pour les limiers du Central CID de passer au crible les allégations de Winsy Buttié et la teneur des documents ramenés après la perquisition d’hier après-midi.
Dès la reprise de son interrogatoire à la mi-journée hier en présence de ses avocats, Mes Ashley Ramdass et Varuna Bunwaree, l’ancienne partenaire de Clensy Appavoo est revenue à la charge avec d’autres détails sur l’épisode de la gestion des fonds d’un montant de 2,3 millions d’euros, soit un peu moins de Rs 100 millions, par le Français Michel Corvalan, promoteur de la société offshore Cordial OI Ltd. Elle a porté de graves accusations contre son ancien patron suite au décès de ce client français, qui était alors âgé de 42 ans et qui résidait dans la région de Rivière-Noire.
« Dans les documents que la police a saisis en ma résidence mercredi matin, il y a la preuve formelle de ce que j’avance au sujet des transactions illicites entreprises après le décès de ce client français », devait s’appesantir Winsy Buttié lors de son interrogatoire dans la journée d’hier en ajoutant que des compléments d’information peuvent être obtenus dans d’autres documents en possession de Clensy Appavoo, ancien président de la Mauritius Employers Federation (MEF). Après un premier examen des documents identifiés par la suspecte accusée de détournement de Rs 105,4 millions au préjudice de Clensy Appavoo, le Central CID devait mettre à exécution un mandat de perquisition dans les locaux de ce bureau d’experts-comptables.
Trois heures de fouilles
Ainsi, vers 15 h 15, d’importants effectifs du Central CID devaient débarquer dans les bureaux de HLB Appavoo Associates Ltd à la rue Mère Barthèlemy pour les besoins de cette fouille. Pendant un peu plus de trois heures, des enquêteurs de la police sous la supervision générale des assistants-commissaires de police Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi ont procédé à une analyse de tous les documents susceptibles de les intéresser dans cette enquête. Les principaux bureaux, notamment ceux occupés par Clensy Appavoo et également jusqu’à tout récemment par Winsy Buttié, ont été examinés de fond en comble. La voiture de Clensy Appavoo a également été soumise à cet exercice de perquisition.
Au bout de trois heures de fouilles intenses, soit peu après 18 h, les membres du Central CID devaient embarquer au moins deux valises remplies de documents et bien scellées à destination des Casernes centrales. Entre-temps, Me Nazroo, dont les services ont été retenus par Clensy Appavoo, devait rappliquer pour accompagner celui-ci à la police.
Dans l’entourage du fondateur de HLB Appavoo Associates, l’on faisait ressortir que celui-ci n’avait pas été placé en état d’arrestation et qu’il s’est rendu aux Casernes centrales en début de soirée pour des formalités par rapport aux résultats de la perquisition. Du côté des responsables de l’enquête policière, l’on affirme vouloir procéder « with caution » au sujet des accusations formulées par une suspecte dans une si importante affaire de détournement de fonds.
Zones d’ombres
« Ces révélations de Winsy Buttié n’ont aucun bearing sur l’enquête au sujet du détournement de Rs 105,4 millions. C’est une affaire distincte. Mais elle a avancé des détails sur une autre affaire et il est de notre devoir de procéder à des vérifications et à la saisie des documents relatifs. Nous allons procéder à des contre-vérifications auprès des banques et des institutions financières et décider de la marche à suivre. Nous avons déjà consacré huit jours de vérifications au sujet des accusations contre Winsy Buttié avant de réagir », indique-t-on dans les milieux bien informés aux Casernes centrales, écartant à hier soir toute arrestation de Clensy Appavoo dans le volet de la société offshore Cordial OI Ltd.
Néanmoins, Le Mauricien a appris que dès hier soir des procédures en vue de loger par mesure de précaution auprès du Passpport and Immigration Office un Arrest on Departure contre Clensy Appavoo ont été initiées. Aucune des sources policières n’a voulu confirmer ou infirmer ce détail.
Avec les derniers développements dans la Buttié/Appavoo Saga, les langues commencent à se délier quant aux relations entre la société HLB Appavoo Associates et l’investisseur français Michel Corvalan, décédé à l’âge de 42 ans et laissant derrière lui au moins un placement de 2,3 millions d’euros. D’aucuns se mettent à évoquer la possibilité d’un Suspected Foul Play dans le décès du promoteur de Cordial OI Ltd.
Les limiers du Central CID pourraient reconstituer le cercle d’amis, de connaissances et de fréquentations intimes de Michel Corvalan de son vivant dans la région de Rivière-Noire en vue d’éclaircir des zones d’ombre dans une simple affaire de détournements de fonds prenant des allures de règlements de comptes et de révélations des dessous d’affaires entre partenaires en désaccord total.
L’enquête policière suit son cours avec les prochaines étapes s’annonçant aussi passionnantes que les initiales avec des répercussions se faisant toujours sentir dans les tribunes officielles du Mauritius Turf Club…