Un groupe de pêcheurs menés par le président du Syndicat des Pêcheurs, Judex Rampaul, ont manifesté hier à midi devant l’Hôtel du gouvernement pour demander de mettre fin à l’accord signé entre Maurice et l’Union européenne en février dernier. « Nous ne comprenons pas la manière de procéder de notre gouvernement. Il loue nos 2,3 millions de kilomètres carrés de mer aux étrangers pour des miettes », déclare M. Rampaul.
« Nous ne voyons pas que cet accord est en train d’être respecté », a souligné Judex Rampaul. Selon l’accord entre Maurice et l’Union européenne (UE), souligne le président du Syndicat des Pêcheurs, chaque bateau européen de pêche devait recruter dix pêcheurs locaux. « Nous sommes déjà à fin mai et aucun des nôtres n’a été recruté ! »
Selon Judex Rampaul, l’autre aspect affectant les pêcheurs est l’autorisation accordée aux bateaux étrangers d’opérer à une distance de 15 milles nautiques des côtes mauriciennes. « Alor ki nou, nou pe sorti andor lagon. Nou pe investi, nou pe pran loan pou aste pirog. Finalement, les bateaux européens viennent nous concurrencer. Li pa bon », soutient-il. Et d’ajouter : « Notre gagne-pain, celui de 3 500 familles, est menacé. Ti bizin avoy zot lwin ar nou lakot, plis ki 100/ 200 mil. »
Pour le président du Syndicat des Pêcheurs, il convient de revoir l’autorisation accordée aux bateaux étrangers de pêcher dans nos eaux car avec leurs gros bateaux « zot pas peyn fin, lamer fini ». Il fait aussi état de certaines espèces de poisson – comme la bonite, la dorabe, le thon jaune et le baking – qui diminuent dans les eaux territoriales de Maurice.
Judex Rampaul demande au gouvernement de commanditer une étude approfondie sous la direction des scientifiques en vue de déterminer le volume de poisson disponible dans la mer qui entoure notre île. « S’il y a encore du poisson dans la mer, ne l’offrons pas à ces destructeurs… », lance le président du Syndicat des Pêcheurs. Il dit attendre une rencontre avec le ministre de la Pêche, Nicolas Von-Mally, depuis plusieurs mois déjà « me li pa pe pran nou kont ».