Les trois occupants du Coriscan 1 – Guy Gabriel, 62 ans, Chandrick Boodhonee, 45 ans, et Raj Kalkaproshan, 57 ans – ont vécu un véritable cauchemar, vendredi, en début de soirée, au large de l’île Plate, alors qu’ils regagnaient la terre ferme après avoir pris la mer à 4h30 du matin. À ce stade, seul le capitaine du bateau appartenant à la compagnie Aurifla Ltd, Guy Gabriel, a pu être sauvé hier matin alors qu’il s’était agrippé à son mât brisé en deux et a passé une nuit dans l’eau salée glaciale. La National Coast Guard (NCG) de Grand-Baie s’est lancée, depuis vendredi, dans une course contre la montre pour retrouver les deux autres pêcheurs habitant le Nord, mais jusqu’ici, les recherches se sont avérées vaines, malgré le support de l’hélicoptère de la police.
Sous l’effet du choc et sur le point de subir un scanner au niveau de l’estomac à la Clinique du Nord, le capitaine miraculé Guy Gabriel revit les ultimes scènes traumatisantes survenues au large de l’île Plate aux alentours de 18h, vendredi. « Dé houles sourd inn vine lor nou bato. Enn finn batt are nou premie cout, apre enn lot revini », raconte-t-il à Week-End.
Le Coriscan 1 chavira, avec à son bord deux pêcheurs du Nord, Chandrick Boodhonee, 45 ans, et Raj Kalkaproshan, 57 ans, employés au sein de la compagnie Aurifla Ltd. « Mo pas finn gagne le temps truv nanier. Mo ti pé grate cari, mo pann gagne létan kompran ki ti pé arrivé. Ler fer linventaire, monn retrouv mwa emba dilo », poursuit Guy Gabriel, avant d’être mené pour son scanner par le corps médical.
Pratiquement dans le même temps, vendredi, en début de soirée, les proches des trois hommes étaient rongés d’inquiétude, vu leur retard considérable. « Zot ti habitié rentrer vers 17h30, mai fin arriv près 18h30 et mo pas truv okenn bato vini », témoigne l’épouse de Chandrick Boodhonee, la voix cassée par le chagrin et le regard perdu. Très vite, l’habitante de Grand-Baie allait s’enquérir auprès du propriétaire du bateau, dont la compagnie est engagée dans la pêche artisanale, sur le sort des trois occupants du Coriscan 1 ayant pris la mer le matin. « Linn dir mwa li oussi li pann truv zot vini ek ki li finn ale rode banla avec bann les otre peser me pann gagne nanier », dit-elle.
Les éléments de la NCG seront très vite en alerte avec l’information relevant d’un cas de Disappeared at Sea leur parvenant à 18h20. Toutefois, jusqu’à 21h25 vendredi, les recherches dans les parages de l’île Plate et du Coin de Mire devaient s’avérer infructueuses.
Faisant preuve de sang-froid, surtout avec la nuit tombant relativement tôt en cette période et le froid hivernal battant son plein, le capitaine Guy Gabriel s’était agrippé au mât du Coriscan 1, brisé en deux avec la violence de l’impact. Après avoir passé toute une nuit à dériver, Guy Gabriel sera miraculeusement repéré aux alentours de 7h30 hier matin par un autre bateau de pêche. « Kan nou ti pe al lapes gramatin (Ndlr : samedi matin), nou finn gaygn enn ti problem. Nou lacorde inn tombe dans nou helice. Nou pas ti kapav répare sa laba e nou finn bizin pran bato amenn dan moullaize pou kapav demaille lacorde. Depi enn distans, nou finn truv enn zafer ki pas pe paret normal entre lil Plate ek Coin de Mire. Nou pas ti pé compran ki été sa. Kan nou finn costé pré, lerla ki nou finn kone enn bato. Li finn deviré ek so pointe lao. En mem temp, nou trouve enn dimoune lève la main ar nou », devait confier à Week-End, Anand Aukhajee, 51 ans, et Ramchandra Calchand, 45 ans, les pêcheurs du bateau sauveur.
Dans les meilleurs délais, les manoeuvres sont alors enclenchées par les cinq occupants à bord de ce bateau faisant face à des problèmes techniques en vue de repêcher Guy Gabriel. Cependant, ils devaient rencontrer les pires difficultés du monde pour parvenir à récupérer le naufragé, compte tenu de son poids. « Nou finn bizin zett enn lacorde dans dilo pou riss li akoz li costo. A quat dimoun, finn meme saye avan reusi lev li. Li ti pe affabli apre sa lanuit ki li finn passé lor dilo. Ti ena blessure lor li, linn tiraillé partout ek finn gagne enn boss lor so latet. Telman li ti pe paniké nou pa finn ose dimann li ki finn arrivé. Enn moma, li ti pé crasse disang », racontent-ils. Etant donné l’état du capitaine, ils établissent, en route, un premier contact avec le propriétaire du bateau, une de leurs connaissances, l’indiquant la gravité de la situation.
Au moment où le bateau accosta les environs des locaux de la NCG de Grand-Baie, les mesures appropriées avaient déja été prises avec les docteurs du SAMU sur le qui-vive pour évacuer le miraculé vers la Clinique du Nord à Baie-du-Tombeau.
L’attente est douloureuse et interminable pour les proches des deux autres naufragés, alors que les recherches de la NCG et de l’hélicoptère de la police se poursuivent. Le bateau, 9m70 de long et 3m20 de large, a été complètement endommagé. Les dégâts matériaux s’élèvent à plus de Rs 1,3 M, selon les premières estimations du propriétaire.