La direction de la Doha Secondary School, collège payant situé à Eau-Coulée, annoncera officiellement ce matin aux parents d’élèves qu’ils n’auront plus à payer la scolarité à compter de l’an prochain. C’est l’État qui financera désormais les dépenses de cet établissement de 700 élèves. La direction de la Doha School a été informée de cette bonne nouvelle le week-end dernier, alors que la Private Secondary School Authority ignorait encore cette décision. D’ailleurs, en ratifiant lors d’une réunion le vendredi 30 novembre la liste des Registered schools pour 2013, le Board de la PSSA avait placé la Doha School dans la catégorie “fee-paying”. Cette décision est diversement commentée dans les milieux du secondaire d’État et privé.
Alors que l’éducation secondaire est gratuite, les établissements payants se sont multipliés à travers le pays depuis les années 90. Mais depuis quelques années certains d’entre eux évoquent des « grosse difficultés financières » pour poursuivre leur mission et souhaiteraient un soutien de l’État. Des appels sont envoyés de temps en temps en direction des autorités concernées et envers les politiciens. Les responsables de la Doha Secondary School, collège confessionnel islamique, qui a ouvert ses portes en 2003, ont réitéré leur demande pour une subvention d’une manière forte en début d’année scolaire lors d’une cérémonie de remise de diplômes à laquelle assistait le Premier ministre. Ce dernier leur avait alors promis que le gouvernement examinerait leur demande. L’insistance de la direction de l’établissement d’Eau-Coulée n’a pas été vaine. Elle a obtenu une réponse positive il y a tout juste une semaine. « Le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree m’a appelé durant le dernier week-end pour dire que notre demande de subvention a été acceptée et que c’est une cabinet decision. Nous attendons à présent la lettre officielle mais le ministre m’a dit que je peux informer les parents. Nous avons convoqué les parents et le personnel à une réunion demain (NDLR : aujourd’hui) à 10 h pour leur annoncer que le collège sera gratuit à partir de l’année prochaine », dit Sadek Polin, manager du collège. Il ajoute que l’obtention de cette subvention « n’est pas une faveur de la part du gouvernement » et soutient que depuis sept ans l’école en fait régulièrement la requête. « Nous sommes heureux pour nos élèves que le gouvernement ait répondu finalement à notre appel. Ne croyez pas que c’est une école pour les riches. Un tiers des élèves viennent de familles défavorisées ». Il ajoute que les parents auraient eu à débourser l’année prochaine un montant dans la fourchette Rs 1 700 à Rs 2100 dépendant de la classe de l’enfant si jamais l’école était toujours payante.
À une question du Mauricien concernant le type de subvention qu’obtiendra son collège, le manager répond que ce sera la même formule de subvention en vigueur pour les autres grant-aided colleges. Mais Sadek Polin ne veut pas se hasarder pour estimer le montant total de cette subvention en expliquant que le mécanisme de calcul est quelque peu compliqué car il y a beaucoup de critères que la PSSA prend en considération. « Il n’y a que la PSSA qui peut avancer un chiffre ».
Mais alors que son board se réunissait le vendredi 30 novembre pour avaliser la liste des collèges privés et payants autorisés à fonctionner en 2013, la PSSA ignorait ce changement majeur concernant la Doha Secondary School. De ce fait, la lettre de “registration” destinée à la Doha School, envoyée lundi ou mardi dernier, portera la mention “fee paying”. Selon nos informations la PSSA n’aurait pas encore été informée officiellement par le ministère de l’Éducation. Des cadres de cet organisme, familiers au mécanisme de paiement des grants, estiment à pas moins de Rs 15 M le montant de la subvention (salaires du personnel et autres coûts) dont bénéficiera cette future “grant-aided school”
Depuis hier, cette décision du gouvernement d’octroyer des grants à la Doha Secondary School donne lieu à de nombreux commentaires dans les milieux du secondaire en général. Des responsables des collèges privés et ceux d’État craignent que cette décision n’ouvre la porte à d’autres demandes similaires dans les jours qui viennent. Selon nos informations, sept collèges s’apprêtent à faire une demande. Les dirigeants de la Fédération des Managers des Collèges Privés, pour leur part, se disent « très surpris » par cette décision et allèguent que « les procédures n’ont pas été suivies ». « Nous savons que sur la liste des grant-aided schools pour 2013 ratifiée par le board de la PSSA ne figure pas le nom de Doha. Cette décision subite nous rend perplexe », commente un des membres de cette Fédération.
Il est bon de savoir qu’après la réforme Obeegadoo (2005-2010), qui a donné lieu à un foisonnement de collèges d’État à travers le pays, aucune demande de subventions émanant des collèges payants n’a été favorablement considérée.
Soulignons qu’au meeting du Ptr/PMSD hier soir à Plaine-Verte, Abdullah Hossen a annoncé « un cadeau du Premier ministre à la Doha School » et ajouté que « le board de la PSSA a approuvé la subvention cette semaine ».