“Agissez comme des citoyens responsables et faites preuve de discipline. Cela nous aidera à vous aider”: propos du Dr Danidza Quirin, jeune urgentiste de 33 ans qui termine son internat en Belgique à l’hôpital des Enfants de Bruxelles, capitale administrative de l’Union européenne (UE). Dans l’interview-minute qui suit, et qu’elle a bien voulu accordée à distance à Week-End entre deux urgences, la jeune professionnelle originaire de Rose-Hill nous parle notamment de son travail, loin là-bas, en Europe en ces jours de pandémie de Covid-19.

l Interne en médecine d’urgence à l’hôpital des Enfants de Bruxelles en Belgique, rappelez-nous, d’abord, Dr Danidza Quirin, votre parcours de formation?

– Après mes classes primaires à l’école Notre-Dame-des-Victoires RCA de Rose-Hill et mes études secondaires au Queen Elizabeth College (QEC), j’ai opté pour une formation en médecine. Par le biais d’un échange franco-mauricien, j’ai fait une partie de mes études de médecine générale à Paris, en France. J’ai choisi, par la suite, de me spécialiser en médecine d’urgence à Bruxelles, en Belgique, où je termine actuellement mon internat de médecin urgentiste à l’hôpital des Enfants de Bruxelles.

l A l’intention du grand public, pouvez-vous préciser ce que c’est, au juste, la médecine d’urgence?

– C’est une spécialité médicale qui a pour vocation de stabiliser, de soigner et d’orienter comme il se doit le malade quand il se présente à l’hôpital. Par le biais du Service d’aide médical d’urgence (SAMU), le médecin urgentiste assure aussi des soins préhospitaliers. Les spécialistes urgentistes s’occupent de la prise en charge d’urgences médicales, mais aussi chirurgicales. Dépendant des urgences et selon les fonctions vitales du patient, ce dernier va être, selon le cas, conduit en salle, au bloc opératoire ou en soins intensifs.

l On imagine, de ce fait, que vous êtes en première ligne dans la présente urgence sanitaire qu’est cette pandémie de Covid-19 

– Aux urgences pédiatriques où je travaille, nous nous retrouvons, effectivement, en première ligne, dans l’accueil des enfants. Mais le travail y est quand même différent. Par rapport au Covid-19, le nerf de la guerre se trouve, surtout, en médecine adulte.

l Et en quoi consiste, au juste, votre travail en ces jours de pandémie?

– Fort heureusement, les enfants ont majoritairement des formes bénignes de cette maladie qu’est le Covid-19. Certains peuvent même être des porteurs sains.

Notre travail actuellement consiste à assurer la continuité des soins d’urgence à l’enfant. En évitant que le virus se propage. Un numéro vert téléphonique “spécial Covid-19” a été mis en place pour conseiller et orienter les parents vers les services médicaux appropriés.

l Jeune médecin que vous êtes, avez-vous personnellement une crainte et quel est votre message à vos compatriotes de Maurice?

– En voyant, il y a une semaine, les images aux abords des supermarchés à Maurice, j’avoue avoir une crainte pour mes proches. Mais je veux croire en l’entraide et l’empathie légendaires du peuple mauricien. C’est, par ailleurs, important de le répéter tant qu’on le peut : assurez-vous de garder une bonne hygiène des mains et respectez la distanciation sociale. Si vous portez un masque, faites attention à ne pas le toucher avec vos mains.

Et cela, même si vous portez des gants. Je sais que ce n’est pas toujours évident, mais évitez de vous toucher le visage. Surtout le nez, la bouche et les yeux. Agissons comme des citoyens responsables en respectant les consignes. Aidez-nous à vous aider en faisant preuve de discipline.