Après la claque infligée par le Comité des Nations Unies pour les droits des personnes handicapés au gouvernement mauricien pour de nombreux manquements dans divers domaines de la vie de ces personnes, les Ong s’occupant de l’éducation des handicapés à la place de l’État espèrent ardemment que le prochain Budget apporte enfin des réponses positives à leurs nombreuses revendications, notamment un financement adéquat et sûr leur permettant de continuer leur travail dans l’intérêt de ces enfants avec sérénité. « Le soutien du CSR se fait de plus en plus rare. C’est le budget de la dernière chance… », disent leurs responsables. Ces Ong reconnaissent aussi la nécessité d’avoir un mécanisme de contrôle pour ceux bénéficiant de la subvention de l’État et pour veiller à la qualité du service. Ils souhaitent ainsi vivement la création d’une institution régulatrice.
« L’aide des CSR arrive au compte-gouttes et nous avons beaucoup d’attentes par rapport à ce prochain Budget. Nous sommes arrivés à un point de non-retour et s’il n’y a rien pour nos écoles dans ce Budget, on fermera et on demandera à l’Etat de prendre en charge ces enfants », prévient Géraldine Aliphon, présidente d’Autisme Maurice. Ces Ong qui gèrent les écoles spécialisées affirment que le coût de fonctionnement est « très élevé » et qu’il leur faudrait impérativement un « financement solide de l’État », et non des « subventions minimes », à moins, bien sûr, « que l’État prenne à sa charge complètement l’éducation des enfants handicapés » ajoutent-ils. « S’il n’y a pas de sursaut du gouvernement après ce rapport très critique des Nations Unies, cela voudra dire que les enfants handicapés ne comptent pas beaucoup pour nos dirigeants », poursuivent ces responsables d’Ong.
Un éventuel financement total des Special Education Needs Schools (SENS) par l’État à l’avenir appellerait aussi à un contrôle rigoureux de la manière dont l’argent des contribuables est utilisé. Les responsables de ces SENS se disent ainsi en faveur d’une autorité régulatrice à partir d’une loi votée au Parlement, en citant à titre d’exemples la PSSA pour le secondaire privé subventionné et l’Early Childhood Care and Education Authority, qui assure un contrôle sur le préscolaire d’Etat et privé. « Il est temps d’avoir une SENS Authority à la place de la SENS Unit, qui existe au ministère de l’Education. Cette SENS Authority veillerait aux normes et à la qualité du service donné par les écoles », estime Jocelyne Bissoon, assistante directrice de l’APEIM.
D’autre part, cela fait bientôt un mois que l’APEIM a lancé une campagne de sensibilisation auprès des Mauriciens au sujet de la gratuité de la scolarisation des enfants handicapés au même titre que tous les enfants bénéficiant de l’éducation gratuite dans le “main stream” du cycle primaire et du secondaire. C’est ainsi que cette organisation reçoit un soutien significatif pour sa pétition appelant le ministère à « donner des moyens au BEC pour assurer la reprise de ses neuf écoles ».
« Nous avons eu près de 2 000 “likes” en ligne et le même nombre de signatures sur papier », indique Jocelyne Bissoon, assistante directrice de l’APEIM. Rappelons que le BEC et cette organisation s’occupant de l’éducation des enfants avec un handicap mental ont signé depuis plus de deux ans un accord pour ce projet de prise en charge de neuf écoles de l’APEIM, moyennant un soutien financier du gouvernement pour le paiement des salaires du personnel concerné. Mais les deux parties attendent toujours la réponse gouvernementale concernant l’aspect financier.