À la suite du rapport PRB et face, d’une part aux inégalités engendrées par les recommandations qu’il contient, et d’autre part, les rumeurs persistantes d’une fusion des institutions du secteur eau, les syndicats respectifs de la Central Water Authority, de la Water Resources Unit, de l’Irrigation Authority (IA) et de la Waste Water Management Authority (WWMA) ont décidé de joindre leurs forces en un front commun. Leurs représentants expriment leurs profondes appréhensions quant aux conséquences que pourrait avoir la signature de l’Option Form sur leur avenir professionnel, d’autant que le gouvernement ne leur communique aucune information sur les implications de la création d’un seul organisme de gestion. Ils envisagent de déposer ensemble devant l’Errors, Omissions & Anomalies Correction Committee du PRB.
« La date butoir pour signer l’Option Form est le 19 novembre. Comment pouvons-nous signer ce formulaire en ayant l’esprit tranquille alors que nous ne savons même pas ce que nous réservent les recommandations du rapport des experts singapouriens ? Selon nos informations, celui-ci a été soumis au comité ministériel et préconise la fusion des quatre secteurs de gestion et de distribution et de traitement de l’eau sous un seul organisme, la Water Authority », s’est démandé hier le président de l’Union of Employees of the Central Water Authority (UECWA). « Li paret ki pou kapav ena 50 % konpresion personel CWA », ajoute Iswarduth Guness. Il se réfère à un récent article de presse qui, pour sa part, indique que seuls trois organismes sont concernés. « Which is which ? À 19 jours de la date butoir pou signer l’Option Form, il règne une grande confusion et beaucoup de craintes chez les employés de ce secteur. Les syndicats eux-mêmes ne savent quel mot d’ordre leur donner. Nous faisons un appel au gouvernement de ne pas nous laisser dans l’expectative et de nous remettre une copie du rapport singapourien. »
“Binding”
Selon lui, l’Errors, Omissions & Anomalies Correction Committee ne pourra combler les disparités causées dans les salaires. Il constate avec regret qu’il n’y a eu aucune émission d’une deuxième Option Form à la suite du rejet syndical du rapport Aujayeb. Signer le formulaire dans les présentes conditions « ve dir ki nou pou bind nou ». D’autant, fait-il remarquer, qu’il n’existe aucune instance de recours pour les employés une fois l’Option Form signée.
Le secrétaire général de la FPU, tout en disant la satisfaction mitigée des recommandations du rapport Aujayeb, y souligne nombre d’incohérences. Enrico Permal, cite la lettre circulaire émise par le ministère de la Fonction publique le 29 octobre qui indique d’une part que la date limite pour signer l’Option Form a été étendue au 19 novembre alors que la date pour déposer les mémorandums devant le Comité de correction des Errors, Omissions & Anomalies est le 30 novembre. « Comment réconcilier ces deux exercices ? », se demande-t-il. « Nous avions réclamé la révision des termes du mandat de la commission salariale et surtout de revoir les déséquilibres salariaux qu’a engendrés le rapport PRB. Force est de constater que la lettre circulaire n’en fait aucune mention. » La commission salariale, dit-il, ne peut demeurer qu’une instance de consultations. « C’est là que réside la racine du mal car il ne permet aucune négociation », ajoute-t-il, rappelant que Maurice est signataire de la Convention de l’Organisation internationale du Travail sur la Collective Bargaining. « Le principe fondamental de discussion et de négociations a été bafoué encore une fois. »
Pour N. Chakooree, secrétaire général de la MTUC, qui représente les syndicats de la WWMA et l’IA, le rapport laisse un goût amer et une profonde déception après tout le travail de consultations et de représentations des syndicats. « Rapor-la inn trair nou konfians. Il ne prévoit aucune autre hausse salariale pendant cinq ans après celle de janvier prochain. Les perspectives de career path sont stoppées net. » Il déclare qu’il est pratiquement impossible de consulter, assimiler, comprendre et expliquer aux membres syndiqués toutes les implications du rapport en un si court laps de temps. « Zot pran 5 an pou donn nou enn move rapor. Nou gayn enn mois pou sign Option Form ! »
Deux représentants syndicaux, respectivement de la Waste Water Management Authority et de l’Irrigation Authority sont intervenus. Le premier a fustigé « l’absence de recommandation pour une On Call Allowance des employés de ce secteur qui sont sur le terrain à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit et qui s’exposent à de réels risques de contaminations et de maladies ». Quant au secteur de l’irrigation, « le rapport semble oublier qu’il touche les planteurs, donc la production vitale de nourriture pour la population ».