Jugé primordial par les ONG et inutile par le ministère de la Santé, qui veut mettre fin à cette activité, le Programme d’Échange de Seringues (PES) permet à la fois d’exercer un contrôle et de développer une certaine discipline et une responsabilité chez les usagers de drogue. Ce programme offre la possibilité de faire un constat réel d’une situation qui n’arrête pas d’inquiéter, soulignent ceux qui sont sur le terrain. Avec le PES, le consommateur de drogue se met également moins en danger en évitant les risques d’infection et de contamination. Plusieurs raisons justifieraient donc le maintien du PES.
Un détour à Résidence Mangalkhan à Floréal, pendant les heures du PES, nous met face à une réalité qui pourrait choquer. Il n’y a pas d’heure ni de jour que les bénéficiaires ne se rendent au centre pour se procurer du matériel dont ils ont besoin. Pour eux, la réalité est ainsi faite.
En cet après-midi d’un jour de semaine, le temps est loin d’être favorable dans les hautes Plaines Wilhems. Il fait frisquet et le ciel est gris. Il va bientôt se mettre à pleuvoir. À l’entrée de Résidence Mangalkhan, Floréal, règne un calme notable. Quelques centaines de mètres plus loin, près du vieux bâtiment qui abritait autrefois les loges de l’hippodrome, un autre décor nous attend. Celui animé par des jeunes qui jouent au basket-ball, des passants qui s’arrêtent pour papoter un instant, des enfants qui rentrent de l’école… Il n’est que 16h et les rues de la banlieue curepipienne sont animées. Nous avons rendez-vous dans une communauté de la région, où se pratique le Programme d’Échanges de Seringues (PES). Une autre atmosphère se dégage : tantôt mouvementée, tantôt paisible.