Une Site Visit à Maputo à la mi-mars comprend la STC, l’EDB la MPA, les Finances et l’Ocean Economy

Séance de travail, vendredi, au PMO entre Pravind Jug-nauth et une délégation mozambicaine, menée par Manuel Mazuze, Diplomatic Adviser auprès du président Nyusi

Tout indique que le Central Electricity Board (CEB) est écarté de manière irrémédiable des négociations avec le Mozambique portant sur le volet de Liquefied Natural Gas (LNG). Ce dossier se présente comme la pierre angulaire de la coopération revue et corrigée entre Maurice et le Mozambique, suite à la visite officielle effectuée par le président du Mozambique, Filipe Jacinto Nyusi, à l’occasion des dernières célébrations de l’Abolition de l’Esclavage le 1er février. Pourtant, s’il y a une institution parapublique qui peut faire prévaloir un Direct Interest dans le LNG, c’est bel et bien le CEB avec le projet de centrale thermique à Fort George au coût de Rs 8 milliards. Avec la décision d’explorer le potentiel de cette ressource naturelle du Mozambique dans le cadre de cette coopération, l’Office du Deputy Prime Minister et ministre des Utilités publiques, Ivan, Collendavelloo, gardait espoir d’un repêchage.

Mais la récente visite d’une mission officielle, dirigée par Manuel Mazuze, Diplomatic Adviser auprès du président Nyusi, et comprenant des Top Guns de Empresa Nacional de Hidrocarbonetos (ENH), National Hydrocarbon Company, dont le Chief Executive Officer, Omar Mitha, a scellé le sort du CEB. Des recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes indiquent que le CEB a été “kept out of bounds” des consultations avec les Mozambicains. Avant de regagner Maputo, vendredi, la délégation dirigée par Manuel Mazuze a eu une séance de travail avec le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

Les deux parties ont eu l’occasion de passer en revue les progrès accomplis en prévision de la prochaine réunion de la commission mixte Maurice/Mozambique annoncée pour avril prochain. L’une des  préoccupations dans le camp du Mozambique et l’un des intérêts majeurs de Maurice portent respectivement sur la restructuration de la dette de l’ENH et sur le développement à Port-Louis d’une Trade and Logistics Platform pour le Liquefied Natural Gas. Si l’Economic Development Board assure la coordination de cette coopération avec le Mozambique, la State Trading Corporation (STC), organisme sous la tutelle du ministère du Commerce, se voit confier un rôle de premier plan au détriment du CEB.

Les discussions engagées au cours de la semaine écoulée par la mission Mazuze ont débouché sur un accord de principe pour la signature d’un Memorandum of Understanding et un Non-Disclosure Agreement sur le LNG à la fin de ce mois. Le calendrier de travail agréé impose à la STC le devoir de procéder à la nomination d’une firme de consultants et la constitution d’une Dedicated Team au début du mois prochain.

Les attributions retenues seront d’élaborer une LNG Trade and Logistics Plafform Feasibility Study et des discussions sur la structure financière envisagée pour le démarrage du projet. Sur ce dernier chapitre, la possibilité d’une ENH Equity Refinance a été abordée avec dans l’immédiat, la STC devenant un partenaire financier “with potential into a strategic partnership.”

Maurice et le Mozambique prévoient d’entreprendre une évaluation d’un “Small Scale LNG System in the intention of making Mauritius a trader in LNG.”

Coups de semonce
En vue d’approfondir d’autres aspects de cette LNG Venture, une délégation mauricienne, comprenant des représentants de la State Trading Corporation, de l’Economic Development Board, de la Mauritius Ports Authority, des ministères des Finances et de l’Ocean Economy, effectuera une Site Visit à la mi-mars. De par les perspectives de ce développement dans le secteur énergétique, l’absence du CEB suscite des interrogations dans des milieux politiques autorisés surtout après les coups de semonce assénés par les Finances au montage financier du 120 MW Combined Gas Cycle Turbine à Fort-George depuis la fin de l’année dernière.

Un autre secteur de coopération vise à mettre sur pied une Regional Fishing Services Company pour l’exploitation de quelque 600,000 tonnes de produits sous le Wild Fishing et de quelque deux millions de tonnes de poissons d’eau douce, de crevettes et d’autres algues dans des fermes d’aquaculture. Mais pour traduire dans la réalité ces échanges économiques, un accord définissant les droits de pêche devra être paraphé tout en prévoyant une structure d’actionnariat pour la compagnie régionale de pêche sous un G2G Agreement incluant les intérêts du secteur privé.

Le ministère de la Pêche, qui a été “taken on board” des discussions, contrairement au DPM’s Office, étudie la possibilité d’un Dual Flagging des unités de pêche. Un rapport devra être soumis à l’Economic Development Board le mois prochain en vue de la Joint Commission d’avril.

De son côté, Madagascar pourrait être approché pour faire partie de cette coopération en matière de desserte maritime régionale. La prochaine visite officielle du nouveau président Rajoelina en tant que Chief Guest pour le 12 mars devra permettre de sonder les autorités malgaches au sujet des possibiliités de Regional Feedering Activities.

Le développement du secteur des services financiers et des activités portuaires a également fait partie de ce nouveau round de consultations.