Patrick Merven avait officiellement débuté comme entraîneur au sein de l’écurie Wahed Essa, c’était lors de la saison 1995. L’établissement avait engagé à l’occasion un certain Guillermo Figueroa. Un Péruvien qui a eu mille difficultés à s’imposer en Afrique du Sud mais qui s’illustra au Champ de Mars dès la première journée, à la grande joie de Patrick Merven qui sellait son premier gagnant ce jour-là et ce, à sa deuxième tentative. Le premier cheval qu’il selle fut A Sure Demon et celui-ci termina dans l’argent avec une troisième place. Patrick Merven n’eut pas à attendre longtemps pour cueillir ses premiers lauriers en tant qu’entraîneur.
«Oui, Ground Assault, je m’en souviens. C’était officiellement mon premier gagnant qui avait été piloté par Guillermo Figueroa avec lequel nous avons connu de grands moments. Sa façon de monter pouvait ne pas être considéré comme orthodoxe, mais les résultats furent là pour démontrer qu’il était efficace.»
A Turf Magazine qui l’avait interviewé après ce succès, il avait déclaré: « Je ne pouvais demander mieux. Cette victoire de Ground Assault représente le travail de toute une équipe et notre jockey y est pour beaucoup. Il a pu amorcer son attaque à temps pour arriver au bon moment.»
La 200e est intervenue quelque 18 ans après, par l’entremise de Night Club. Un succès qui coïncidait aussi avec l’anniversaire de son épouse.
« La victoire de Night Club ne peut être considérée comme une surprise. Il n’était sans doute pas une première chance mais nous avions un «silent hope». Sur papier, les nouveaux de Ricky Maingard et Vincent Allet étaient meilleurs. On a fait les papiers de la course pour trouver que Skywalk Luke n’avait pas couru depuis un an et qu’il aurait à porter 61 kg. Personnellement, je me suis dit que pour les battre il faudra qu’ils ne soient pas fit. On avait fait de Commodore Pete le cheval à battre. Il était comme Night Club, c’est-à-dire au bas de l’échelle en ce qui concerne la valeur. Cédric Ségéon a monté une course parfaite. Il a laissé le cheval courir dans son pas et celui-ci n’a pas tiré pour enfin tenir jusqu’au bout.»
Avec 17 victoires dans l’escarcelle, l’écurie Merven réalise un très bon parcours. Elle s’est vite ressaisie de quelques semaines difficiles pour pointer à la deuxième place au classement avec des écuries avec plus de Rs 4M en termes de prix.
« En fait, l’écurie Merven n’est pas mal lotie depuis la saison dernière. Il est vrai de dire que nous avons connu des moments difficiles mais la roue a vite tourné en notre faveur. Je dirai aussi que l’écurie est mieux armée cette année.»
Night Club, la 200e
La joie était aussi du côté de Cédric Ségéon qui continue son petit bonhomme de chemin et qui n’est plus qu’à une longueur de la deuxième place qu’occupe Johnny Geroudis. Mais pour le Français, le championnat n’est pas sa priorité pour l’instant mais plutôt de remporter le plus de courses pour son établissement. Night Club a été la 200e victoire de l’entraîneur Patrick Merven et le jockey a eu une part prépondérante dans ce succès.
L’entraîneur a été d’avis que « Le plus difficile c’était de prendre les devants surtout avec les chevaux de Maingard et d’Allet qui sur papier, avaient beaucoup de pas. Le cheval s’est bien détendu comme Cédric me l’a fait ressortir. Il ne s’est pas battu avec lui et je pense que c’est ça qui lui a permis de bien finir. Je pense aussi que les deux nouveaux avaient besoin de cette course. Commodore Pete est lui à sa place. Il a fait une très bonne course. A l’écurie on est très content. Ça fait plaisir de remporter ma 200e victoire. Je voudrai la dédier à mon épouse qui fêtait son anniversaire.»
Pour Cédric Ségéon, la chance pour Night Club est que son cheval avait déjà deux courses dans les jambes par rapport à  Skywalk Luke et Istiqraar qui étaient à son avis les chevaux qu’il fallait battre.
« Cela nous a beaucoup avantagés. Le poids, la ligne et le fait qu’il se soit bien détendu dans le parcours ont aussi contribué dans sa victoire. Commodore Pete était certes un des favoris mais il est cheval qui provenait de la fourchette de valeur (0-25). Night Club, lui, vaut plus que cela.»
La joie était au rendez-vous à l’issue de la 6e course mais le jockey français faisait la grimace à l’issue de la journée suite à la défaite d’In Position.
« Je n’ai toujours pas compris la tactique de Blue Lord. C’est très très vilain. J’espère qu’il y aura une enquête là-dessus car ce fut une course dénuée de tout bon sens. Non seulement il ne m’a pas fait de cadeau, mais il ne devait pas être là au prime abord. Il était là pour ruiner les chances d’un favori, ce qui va à l’encontre des Rules Of Racing. Je ne suis pas commissaire de courses mais il devrait certainement avoir une enquête à ce sujet. C’est vrai que c’est une course à oublier. Malgré ses déboires, il finit troisième, ce qui me laisse à penser qu’il a un gros coeur. Depuis le début de l’année il est tout le temps à l’arrivée. J’espère qu’il va bientôt remporter sa course car il le mérite. »
En ce qu’il s’agit de la performance de C Major, Cédric Ségéon n’a pas trouvé d’explications pour justifier sa mauvaise course.
« Il a été l’auteur d’une très mauvaise course. Je n’ai vraiment pas d’explications. Peut-être qu’il a eu un problème en course. Il faut le revoir. Cette course est trop mauvaise pour être vraie. »
A bien voir, il n’est pas impossible que C Major se soit usé prématurément car il a beaucoup tiré dans la partie initiale. La même constatation peut s’appliquer à Palm Of Peace qui se retrouva avec le nez au vent dans la première course alors que Prince Of Wings ne put être contrôlé convenablement.
En revanche, le jockey de l’écurie Merven a bien aimé la prestation de Gida en dépit du fait qu’il pense que le cheval n’a pas encore cerné le Champ de Mars.
« Il a très bien couru. Il s’est montré généreux. Je pense qu’il a encore besoin de se familiariser avec la piste du Champ de Mars. Ça tourne et ça descend beaucoup et il ne s’y est pas encore habitué. Mais c’est vrai que c’est un coursier généreux dans l’effort. C’est un cheval qui possède une grande action, un peu comme Besugo et il ne faut pas qu’il soit sur les barres. C’est la raison pour laquelle j’étais satisfait où j’étais. Il faut savoir que lorsque l’on est en one-off, il est plus facile de dicter le pas de son cheval et par extension de partir quand on a envie. »