Ils attendent un permis du ministère de la Pêche depuis plusieurs années afin de régulariser leur situation. Sans cela, ils n’ont pas droit aux indemnités prévues pour mauvais temps entre autres. Quatorze pêcheurs de Bain des Dames se retrouvent ainsi privés de la compensation versée par la Mauritius Ports Authority à leurs collègues.
Une tentative d’explication avec le ministre de la Pêche hier, aurait tourné au vinaigre. Les pêcheurs disent n’avoir pas apprécié l’attitude de ce dernier à leur égard. Ces pêcheurs se défendent d’être des « quémandeurs ». Ils disent vouloir travailler en toute tranquillité et bénéficier des mêmes droits que leurs collègues officiellement enregistrés comme pêcheurs.
Jean Roy Desfoix, Jean Daniel Désiré, Christian Antonio et Louis Kelly se faisant porte-parole de ces pêcheurs avancent : « Nous travaillons comme pêcheurs depuis de nombreuses années. Tout le monde le sait et nous avons même un papier du ministère certifiant que nous sommes en attente d’un permis en bonne et due forme. Sauf que cette attente dure depuis des années. Certains ont fait des applications depuis 1998, d’autres en 2000, 2005… Entre-temps, nous sommes pénalisés. »
Sans permis, ces pêcheurs risquent d’être pris en contravention par les garde-côtes. D’où leur démarche pour obtenir une autorisation temporaire. Mais celui-ci ne leur donne pas droit aux indemnités réservées aux pêcheurs, par mauvais temps, par exemple.
Récemment, environ 200 pêcheurs des régions de Port-Louis ont obtenu une indemnisation de la Mauritius Ports Authority, en raison des travaux d’agrandissement dans le port. La somme de Rs 150 000 qui leur a été versée chacun, représente le manque à gagner par ces pêcheurs en raison des travaux. Les pêcheurs amateurs n’ont pas été considérés. D’où leur démarche auprès du ministre de la Pêche. « Nous ne faisons que réclamer nos droits. Si nous avions une carte de pêcheur comme les autres collègues nous ne serions pas dans cette situation. On reconnaît que les autres ont été pénalisés et nous, comment allons-nous nourrir nos familles ? »
Les pêcheurs souhaitent que leur appel soit entendu. De son côté, le Syndicat des Pêcheurs envisage d’organiser une manifestation pour protester contre cet état des choses. « Ce sont des personnes qui luttent pour gagner leur vie », affirme Judex Rampaul, le président. Il se demande comment dans le cas de l’accident de l’Angel 1 au large de Grand-Gaube des pêcheurs amateurs avaient été considérés pour la compensation, alors que dans le cas présent, ceux-ci ont été ignorés.