Le groupe d’avocats mené par l’ancien Attorney General, Rama Valayden, veut donner la réplique aux enquêteurs de la police, qu’il accuse de vouloir mener une campagne d’intimidation, de victimisation et de persécution contre les professionnels du barreau. « On veut nous empêcher d’opérer en décourageant ceux qui veulent retenir nos services », a déclaré Me Valayden lors d’une conférence de presse qu’il a, entouré de ses amis, animé hier après-midi. Par la même occasion, Me Ravi Rutnah, qui devait être interrogé lundi dernier par le CCID, a fait circuler un affidavit dans lequel il dit tout ce qu’il a à répondre aux enquêteurs.
D’emblée, Me Valayden soutient que depuis l’affaire Harte, ce meurtre ne cesse de faire débat, non seulement à Maurice mais également dans d’autres pays, étant donné qu’il s’agissait du premier meurtre impliquant une touriste tuée dans sa chambre d’hôtel.
« La presse irlandaise a suivi cette affaire de près, dont l’évolution de l’enquête policière. Comme nous, elle pense qu’au final, la police mauricienne a fauté parce qu’il y a eu beaucoup de failles de la part des enquêteurs. Et au lieu de tirer les conclusions qui s’imposent, la police a préféré nous prendre pour des boucs émissaires », déclare le chef de file du groupe d’avocats.
Me Valayden rappelle que Yousouf Soopun, ancien responsable de la MCIT, a lui-même fait un aveu de taille, à l’effet que la défense détenait plus de renseignements que les enquêteurs eux-mêmes. En fait, ce sont les enquêteurs à être blâmés de ce constat. « Mo redir ki lapolis finn fane dan sa lanket-la », insiste-t-il, avant de réclamer une commission d’enquête présidentielle détenant les pouvoirs d’enquêter sur toutes les étapes de l’enquête.
Dans son affidavit, Me Satyapakashing Ravi Rutnah indique qu’il détient la citoyenneté britannique et qu’il pratique à Maurice depuis 2010. Formé en Angleterre, il a travaillé dans des firmes de droit londoniennes pendant treize ans en tant qu’avocat criminaliste, ainsi qu’au Revenue & Customs Fraud, Litigation and Strategic Department de Londres. De plus, il est membre de plusieurs organisations professionnelles internationales.
Me Rutnah affirme que par une lettre datée du 11 courant que lui a fait parvenir un policier de la Traffic Branch, le surintendant qui agit comme Divisional Commander Metropolitan (South) l’a convoqué pour qu’il se rende aux locaux de la CID Metropolitan (South) à des fins d’enquête liée à l’affaire Michaela Harte. Il rappelle à ce titre que le 12 juin 2012, il avait consigné une déclaration au cours de laquelle il a produit un DVD des images de la réception de l’hôtel Legends filmés à partir du circuit CCTV. Il en avait aussi informé le juge-président du procès, Prithiviraj Fekna et une copie du DVD a été envoyée au DPP, alors que pendant tout le temps qu’avait duré l’enquête préliminaire à la cour de Mapou on avait maintenu qu’il n’existait aucune image filmée du circuit CCTV.
Cette affaire est sub judice du fait qu’un comté disciplinaire comprenant un bench de trois juges, nommément Eddy Balancy, Rehana Gulbul-Mungly et Saheed Bhaukaurally, a été institué pour l’entendre sur cet aspect.
Dans un autre ordre d’idées, Me Rutnah critique dans son affidavit le commissaire de police sur le rôle qu’a joué la police récemment dans l’enquête sur l’affaire de détournement de fonds à la banque Bramer, qui remonte à deux années.