Le chef ingénieur de la Road Development Authority (RDA), Zaheer Domah, contre-interrogé hier par l’avocat Rajesh Unnuth dans le cadre de l’enquête judiciaire sur les inondations du 30 mars, devait maintenir que la plateforme construite au Ruisseau du Pouce n’avait pas provoqué d’obstructions et que la Place d’Armes, point le plus bas au niveau de la mer, aurait dans tous les cas été submergée à cause des obstructions en amont.
Le chef ingénieur de la RDA devait indiquer en cour hier que selon le contrat entre la RDA et General Construction Co Ltd, qualifié comme un Design and Built project, donne la responsabilité du design du pont du Ruisseau du Pouce qui devait être élargi au contracteur, qui est la General Construction Ltd. « RDA does not have the expertise or software to design the bridge », a-t-il soutenu. Le design du pont, dit-il, est approuvé par les consultants engagés par le contracteur lui-même et le rôle de la RDA est de veiller à ce que toutes les clauses du contrat soient respectées avant l’implémentation du projet. Questionné par Me Unnuth sur le fait que la RDA savait que la surface transversale du Ruisseau du Pouce allait être réduite à cause des travaux, le chef ingénieur devait répondre que la surface réduite allait retrouver sa dimension initiale après les travaux. Le témoin devait affirmer qu’après les inondations du 30 mars, la RDA avait contacté General construction pour retirer les sous-plateformes qui étaient restés dans le lit du ruisseau du Pouce de peur qu’il y ait un prochain flash flood annoncé par la météo le 31 mars 2013. Selon le témoin, ces sous-plateformes n’étaient pas une des causes des inondations car selon lui les diverses obstructions notées en amont à la hauteur du Champ-de-Mars ont contribué aux inondations. De plus, il devait affirmer que les eaux auraient tout de même circulé jusqu’à la Place d’Armes vue que c’est le point le plus bas au niveau de la mer dans la capitale. Questionné par la poursuite sur le fait que les sous-plateformes n’avaient pas été retirées avant le 30 mars 2013, le chef ingénieur devait indiquer que les travaux de coffrage au Ruisseau du Pouce n’avaient pas encore été terminés.
À noter que des témoins oculaires, dont des proches des victimes des inondations du 30 mars, appelés pour témoigner hier, n’ont pas fait acte de présence. Les travaux se poursuivent aujourd’hui avec l’audition des représentants de la State Property Development Company (SPDC) et du ministère des Infrastructures publiques.