La magistrate Shefali Ganoo a statué, dans son ruling du 31 décembre 2012, que la mort d’Anand Kumar Ramdhony en cellule est un suicide. Le Dr Gungadin, CPMO, avait expliqué qu’il s’agissait d’une pendaison partielle alors qu’un autre détenu a dit avoir entendu des coups.
« C’était un suicide ». C’est ce qu’a soutenu la Senior District Magistrate Shefali Ganoo s’agissant de l’enquête judiciaire instituée par le Directeur des poursuites publiques. Anand Kumar Ramdhony a été trouvé mort dans sa cellule alors qu’il était en détention préventive au poste de police de Rivière-du-Rempart dans les petites heures du matin du 30 juillet 2011. Une affaire qui s’est propulsée sous le feu des projecteurs avec des allusions à une montre qui aurait été volée à un politicien.
Plusieurs témoins ont déposé dans cette enquête judiciaire dont le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Chief Police Medical Officer (CPMO). Pour lui, tous les signes indiquent qu’Anand Kumar Ramdhony a mis fin à ses jours. Après l’autopsie le 30 juillet 2011, ses conclusions indiquaient qu’il s’agissait d’une asphyxie causée par la pendaison. Il a expliqué comment le détenu est mort d’une pendaison partielle à 80 cm du sol.
Le 17 juillet 2011, un cas de vol avec effraction est rapporté à la police par Marie-France Bigaignon. La montre de cette dernière avait disparu de sa comode et elle soupçonnait son mari avec qui elle était en instance de divorce depuis plus de deux ans. Quelques jours plus tard elle a donné une autre déposition, demandant à la police de retrouver sa montre.
Jacques Bigaignon devait alors avouer son méfait aux policiers et affirmer qu’il aurait vendu la montre à Anand Kumar Ramdhony.
Anand Kumar Ramdhony devait alors être arrêté et une charge provisoire de possession of stolen property logée contre lui devant la cour de Pamplemousses. La police devait alors objecter à sa remise en liberté conditionnelle car l’enquête n’était pas terminée. Jacques Bigaignon était aussi en détention dans une autre cellule de Rivière-du-Rempart le soir du décès de Ramdhony. Il a déclaré avoir entendu des bruits : « Monn tann boup bap boup bap. »
L’incident est survenu vers 4 h du matin le 30 juillet 2011.
Le surintendant de police (SP) Kallee a assuré à la Cour que toutes les procédures ont été respectées lors de l’arrestation. Le haut gradé a aussi déclaré que selon les informations de la police, Jacques Bigaignon et Anand Kumar Ramdhony étaient mêlés dans d’autres affaires de larcins dans la localité.
Vikash Ramessur, Forensic Scientist, a analysé les pièces à conviction de la cellule du défunt. Il a confirmé que le bout de tissu accroché au cou de Ramdhony a été déchiré du matelas avec ses dents. Des traces de salive d’Anand Kumar Ramdhony ont également été trouvées à l’endroit où la couverture a été déchirée.
Lors de la dernière audition en décembre, la veuve du détenu a affirmé que son mari ne montrait aucun signe suicidaire. Rita Ramdhony a soutenu ne pas comprendre comment son époux est mort. « Mon mari n’était pas stressé quand je suis allée le voir la veille de sa mort », devait-elle dire à la barre des témoins en ajoutant que « tou ti normal ». Ils étaient ensemble depuis environ 24 ans.
Le bureau du DPP était représenté par les State Counsels Mes Abdool Raheem Tajoodeen et Ashwina Joree alors que la famille était assistée par Mes Viren Ramchurn, Prakash Bakee et Sooroojdev Phokeer.
Pour rappel, la famille Ramdhony réclame devant la Cour suprême Rs 45 millions à l’État et au Commissaire de Police. Elle estime qu’il s’agit d’une faute de la police car le prévenu était sous la responsabilité des agents de la force de l’ordre.