Après les résultats décevants de six candidats aux examens du Dental Council organisés pour la première fois à Maurice en octobre 2013, cette fois c’est au tour de l’unique candidate, une ressortissante française, d’être recalée dans l’épreuve qui a été organisée le 31 mars dernier. Celle-ci est venue à Maurice pour travailler sur contrat dans une clinique bien connue, mais ne pourra le faire, faute d’autorisation du Conseil des Dentistes. Cette instance ne cache pas sa gêne devant ces échecs répétés et se pose certaines questions sur le contenu du questionnaire qui est préparé par le National Board of Examinations of India.
Tout dentiste voulant exercer dans le pays doit obligatoirement être enregistré auprès du Dental Council. Mais depuis le mois d’août 2013, les nouveaux dentistes mauriciens de même que les étrangers doivent obligatoirement prendre part aux Dental Registration Examinations pour l’obtention du permis nécessaire, à moins de faire partie des deux cas d’exemption mentionnés dans la loi. Aux premiers examens organisés en octobre dernier il y avait six participants et aucun d’entre eux n’a obtenu « a minimum of 50 % marks » pour réussir. Un nouvel amendement à la loi au début de mars a permis à ces premiers candidats d’être exemptés de justesse de l’examen qui allait se tenir le 31 mars. De ce fait, il y eut alors une seule candidate, soit la ressortissante française.
Le Dental Council a été quelque peu surpris des résultats obtenus par la Française, d’autant que selon son dossier, elle a terminé ses études depuis plusieurs années et qu’elle a, en outre, travaillé pendant un bon bout de temps dans un Centre Hospitalier Universitaire. Le Dental Council a demandé des informations supplémentaires auprès de l’Ordre des Dentistes en France concernant les diplômes et l’expérience professionnelle de cette dentiste pour prendre une décision concernant sa demande pour un permis pour exercer à Maurice. « Nous n’avons rien décidé s’agissant du cas de cette Française, car nous attendons toujours certaines informations », dit le président de cet organisme au Mauricien en soulignant que le système de formation en France est très différent de celui en vigueur dans les pays anglophones avant d’avouer  que « le cas de figure s’agissant du  dossier de cette Française est assez complexe ».
Par ailleurs, le questionnaire proposé par le National Board of Examinations of India suscite bien des commentaires au sein du Dental Council et soulève aussi pas mal de questions. Des membres de ce Conseil, en se basant sur un échantillon des questions soumises par l’examinateur indien pour les examens d’octobre 2013, affirment que le questionnaire ne correspondrait pas à la pratique de la profession des dentistes, car bon nombre des questions porteraient sur la médecine en général. Le Dr Madhub estime qu’il est nécessaire de procéder à une analyse en profondeur du questionnaire avant les prochains examens, mais que le Conseil attend toujours un échantillon de celui de mars dernier. « Nous devons d’abord analyser en profondeur ce que propose l’examinateur indien avant de décider des changements à apporter. Nous payons pour ce questionnaire et on doit pouvoir discuter avec eux », affirme le président du Dental Council. D’autres membres de cet organisme de contrôle de la profession des dentistes souhaitent un changement d’examinateur après ces deux premières expériences. « Il existe des organismes à Maurice indépendants du Dental Council qui ont la capacité de préparer ces questionnaires. Pourquoi ne pas faire confiance aux professionnels mauriciens ? » se demandent des dentistes ayant une longue carrière.