Le meilleur qui soit arrivé aux courses mauriciennes ces dernières années, c’est sans aucun doute le recrutement d’un Head of Integrity and Compliance par la Gambling Regulatory Authority (GRA). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’après l’erreur de casting concernant le poste de Head of Racing par le controversé SriLankais Karthi Selvaratnam, qui est parti plus vite qu’il n’est arrivé, la CEO de la GRA, Chayan Ringadoo, a eu la main heureuse en recrutant Paul Beeby comme Head of Integrity, parce qu’il est the right person at the right place.

Cet ancien offi ier de police britannique de 60 ans a travaillé comme enquêteur pendant 25 ans dans des domaines aussi challenging que le crime organisé, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent en Grande-Bretagne. Originaire de Newmarket, centre hippique par excellence de Grande-Bretagne, il a ensuite pris de l’emploi au sein de l’autorité britannique des courses hippiques. Il a gravi tous les échelons en partant du simple enquêteur, en passant au Head of Intelligence, puis au Head of Investigation, avant de devenir au bout de douze ans le Head of Integrity du prestigieux British Horseracing Board. Autant dire que son expérience est inégalable.

Paul Beeby s’est signalé à la communauté hippique mauricienne à travers le travail discret mais efficace de son Integrity Department de la GRA dans l’affaire du Zilpaterol qui a définitivement amené un vent de professionnalisme dans la conduite des investigations tous azimuts sur le turf mauricien. Dans ce# e mouvance, la surveillance des lieux sensibles, le contrôle antidopage, le suivi dans les secteurs du pari et l’évolution de cotes suspectes ont atteint un degré de contrôle et de probité que nous n’avons pas vu depuis longtemps, même si nous ne sommes qu’aux balbutiements d’un processus long, ardu et où le soutien des autorités et une collaboration étroite doivent être indéfectibles.

Dans la pure tradition britannique, le head of racing de la GRA a émis un communiqué où il se réjouit que « the antidoping programme in place in Mauritius is fully functional. Its effectiveness has been demonstrated numerous times this year, and our team is working effortlessly to promote those best practices within the horse-racing industry. » Dans la même foulée, il explique que Maurice possède l’un des meilleurs programmes antidopage au monde à ce jour. Les chevaux sont tous testés avant la course, les vainqueurs et les autres chevaux sélectionnés sont testés après la course, sans compter les centaines de chevaux échantillonnés entre les jours de course et au cours du programme de tests hors compétition de la GRA.

Paul Beeby raconte que lorsqu’il est arrivé à Maurice il y a un an, il y avait une culture du dopage. Il regrette qu’il n’y ait pas eu de véritable enquête sur les cas de dopage positifs du passé, mais reconnaît que le MTC n’avait pas l’expertise et les ressources nécessaires pour traiter de tels cas. Il affirme que les choses ont évolué et que l’Integrity Department de la GRA peut faire une réelle différence avec la collaboration de tous. L’objectif déclaré est d’avoir zéro dopage. Il se réjouit dans ce# e perspective des résultats 100% négatifs obtenus ces six derniers mois et explique que ce constat est le résultat d’une étroite collaboration entre le laboratoire QuantiLAB, le vétérinaire du MTC et des juridictions hippiques internationales. Des méthodes d’essais innovantes comme l’analyse des cheveux des chevaux permettent de détecter du doping en sus des méthodes traditionnelles de l’urine et du sang.

Enfin, l’éducation et la formation continue sont aussi des pierres angulaires de ce vent de renouveau, car le personnel des écuries, palefreniers, superviseurs ont aussi été sensibilisés à l’intégrité, à l’antidopage et à la biosécurité. Conscient que dans ce domaine la victoire n’est pas définitive, le chef de l’intégrité hippique de la GRA met en garde ceux qui seraient tentés par le dopage : « The message that we wish to convey regarding doping is as follows : if people want to dope horses in Mauritius, there is a high chance that they will be caught and convicted. The doped horse will be stood down for an extended period of time, and the doper banned from racing. The case will also be referred to the Police as per provisions of the GRA Act, and could lead to imprisonment in case of conviction. »

Pour la première fois depuis qu’il est en poste, les nouvelles méthodes de ses investigations — A new thorough investigative process including formal interviews and request of documents and records has been introduced — seront testés dans le cas du cheval de l’écurie Simon Jones Wolf Of Wallstreet, détecté positif au 16beta-hydroxystanozolol avant le début de la saison. Après plus de sept mois d’enquête sur le terrain, le cas devait être pris le 16 octobre, mais a été renvoyé au 22 octobre à cause de l’absence de l’avocat de l’accusé. Espérons cette fois que tous les protagonistes seront présents et il serait avisé que les Racing Stewards ramènent l’heure de l’enquête dans la matinée pour que l’affaire puisse être prise et se terminer le plus rapidement possible sans que les informations vitales et sensibles puissent être diff usées aux éventuels accusés et témoins.

Les élections précipitées pour le 7 novembre et leurs conséquences n’ont pas seulement affecté le secteur éducatif, mais aussi le calendrier hippique des semaines qui viennent. Ainsi, le MTC, la police et la GRA ont convenu d’annuler la réunion hippique du dimanche 3 novembre au cours de laquelle devait se dérouler la Coupe d’Or 2019 et celle du samedi 9 novembre. Le calendrier a donc été revu avec des courses prévues le dimanche 10 novembre et les samedis 16 et dimanche 17 novembre. C’est donc le 17 novembre que se déroulera la Coupe d’Or 2019.

Ces changements ne sont pas qu’une affaire de date et d’éventuelles difficultés pour les forces de l’ordre de gérer les mouvements de foules, cela pose également le problème aussi délicat de la préparation des chevaux, en particulier ceux devant courir la Coupe d’Or. Les entraîneurs devront faire preuve d’une bonne dose de savoir-faire pour modifier leur plan de préparation et on pense là à White River qui, depuis sa course dans le Maiden, n’a pas encore couru, mais tous les autres prétendants sont à la même enseigne. La lu# e promet d’être âpre et le calme d’après-élection devrait permettre que les courses hippiques retrouvent leur sérénité.

En tout cas, le sourire sera de mise chez ceux qui ont les rênes du pouvoir au MTC ces jours-ci, puisque le bureau du Premier ministre a approuvé pour le reste de la saison la possibilité pour le MTC d’organiser neuf courses à compter de la journée du 10 novembre, ce qui allégerait le défi – cit du MTC de près de Rs 2 millions. C’est ce# e même GRA qui avait, il y a quelques semaines, informé par le# re le MTC qu’il n’y aurait pas de réunions à neuf courses jusqu’à la fin de la saison. Ces volte-face récurrentes démontrent en tout cas qu’on est plus dans la logique d’un échange de bons procédés entre «amis» plutôt que d’une politique réfléchie et planifiée pour le long terme. En tout cas, il n’y aura aucune garantie sur le futur tant que le nouveau gouvernement ne sera pas en place… Entre la politique du dopage et la politique des courses de la GRA, il y a la différence entre le professionnalisme et le bat-baté.