Il y a une quinzaine d’années, les services de déménagements ne faisaient pas partie des secteurs porteurs à Maurice. Mais depuis que les permis de séjour ont été accordés aux étrangers sous l’IRS et le RES, ce type de service a décollé. Couplé à cela, l’arrivée des “corporate moves”, soit les transferts notamment de bureaux et banques vers Ébène ont permis au secteur de prendre son envol. À l’instar du Service de Déménagement International Ltée, qui brasse aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel de Rs 35 M. Selon son “business consultant”, Fadil Khodabocus, 85% du chiffre d’affaires proviennent du déménagement international. Ce secteur porteur a même attiré la venue à Maurice de franchises internationales comme Demeco, qui est depuis six mois sous la responsabilité de Kurvin Nourdine.
La compagnie SDI Ltd, de Sam Sooprayen, a débuté très modestement en 2000. Selon son Business Consultant, Fadil Khodabocus, c’est la première entreprise à s’être spécialisée entièrement dans le déménagement d’effets personnels local et international à Maurice. « Le service de déménagement, à l’époque, n’était pas vraiment présent dans l’île. Il n’y avait pas une vraie demande pour cela. Certaines grandes entreprises le faisaient mais c’était juste un service de plus dans leur portfolio. Peu après, avec le projet de Midland Dams, dans les années 2002/2003, quelque 250 étrangers – dont des architectes et autres ingénieurs – ont été recrutés à Maurice pour deux ou trois ans. Ils sont venus avec leur famille et leurs effets personnels, ce qui a créé une demande de service de déménagement. »
Ensuite, avec les permis de séjour accordés aux étrangers sous l’IRS et le RES, le service de déménagement a vraiment pris son envol. « Le secteur a connu un boost à partir de 2005, avec l’implémentation de projets comme Anahita ou Tamarin. Et quelques années plus tard, avec l’arrivée des “corporate moves”, c’est-à-dire les déménagements de bureaux vers les nouveaux bâtiments, comme à Ébène, le secteur a connu encore un nouveau boost. On a par ailleurs participé à pas mal de transferts de banques mais aussi celui d’Airports of Mauritius vers le nouveau terminal. »
Quant aux clients mauriciens, selon Fadil Khodabocus, « il est de tradition d’aller voir un cousin, une connaissance » pour aider au déménagement. « Ce n’est pas vraiment dans la culture mauricienne d’avoir recours à un service professionnalisé pour le déménagement. » N’empêche, dit-il, depuis quelques années, les demandes au niveau local progressent, notamment « des Mauriciens ou des expatriés qui déménagent de Tamarin pour Grand-Baie, par exemple ».
Aujourd’hui, « 85% du chiffre d’affaires de l’entreprise proviennent du déménagement international », que ce soit l’import ou l’export. « À l’import se trouvent par exemple des étrangers qui ont décroché un permis de travail à Maurice et qui déménagent donc vers le pays, ou des Mauriciens ayant longtemps vécu à l’étranger qui rentrent au pays. À l’export, des Mauriciens s’établissant dans un autre pays. Nous sommes membre de l’International Association of Movers (IAM), de l’American Moving and Storage Association. Tous les ans, nous allons aux Etats-Unis assister à une conférence en vue de tisser les liens avec d’autres  agences. Au fil des années, nous avons bâti notre réputation et notre marketing se fait plus à l’étranger qu’à Maurice. »
Des débuts modestes
Le propriétaire, Sam Sooprayen, issu de milieu très modeste et ayant passé son enfance entre Bangladesh et Roche-Bois, a démarré son entreprise avec des moyens très réduits, dans un simple garage. Aujourd’hui, l’entreprise, qui brasse un chiffre d’affaires de Rs 35 M par an et qui emploie quelque 22 personnes à plein-temps, dispose d’une plateforme logistique avec son propre entrepôt de 11 000 pieds carrés, une flotte de véhicules et une équipe d’une vingtaine d’employés, dont une douzaine de déménageurs dédiés et professionnels.
Depuis sa création, SDI Ltd a adhéré à sa devise : « Qualité, Savoir-Faire, Sécurité ». Pour faire face à la concurrence, l’entreprise ne cesse d’innover et  d’améliorer son service tout en fidélisant sa clientèle. « Ce sont les objectifs principaux pour la compagnie qui vont nous permettre de consolider notre statut de déménageur numéro un à Maurice. » SDI Ltd a aussi diversifié ses services pour un soutien plus complet à sa clientèle. « Nous voulons être un “one stop shop” dans le domaine du déménagement à Maurice à travers cette panoplie de services : déménagement international; déménagement local et bureaucratique; emballages de meubles antiques et caisses spéciales; relocation d’animaux domestiques; formalités douanières et conseils; service de transport; service de relocation; service d’archivage et assurance. »
La compagnie propose aussi un service de garde-meubles et d’entreposage. « On propose de stocker les effets personnels des clients qui ont tout emmené de leur pays mais qui ne disposent pas d’espace suffisant dans leur nouvelle maison. »
Ce secteur dynamique a aussi attiré Kurvin Nourdine, qui travaille sous la franchise de Demeco depuis décembre 2016. « Demeco est une marque internationale qui existe en France depuis 1965. » Avant de devenir manager de Demeco à Maurice, Kurvin Nourdine a travaillé dans le service de déménagement pendant dix ans. Observant la demande croissante dans le secteur, « avec toutes les mesures encourageant les étrangers à investir à Maurice », il décide de demander la franchise de Demeco. « Il y a beaucoup de Français qui sont sur l’île en tant qu’investisseurs et en tant qu’employés. Demeco étant très connu en France… ».
Kurvin Nourdine propose aussi un service relocation, c’est-à-dire des conseils aux clients. « On les prend en charge dès que l’idée leur vient de venir s’installer dans le pays. On leur propose des idées d’investissement, on cherche des employés de maison, des écoles pour les enfants. C’est un service personnalisé. »
Face à la concurrence, la nouvelle entreprise de Kurvin Nourdine essaie « d’être compétitive » en termes de tarifs. « Ensuite, on est vraiment dans l’écoute et dans la qualité de service. On prend à coeur les demandes et on essaie de répondre au budget du client. C’est ce qui fait notre force. » Kurvin Nourdine pense pour sa part que les Mauriciens « font de plus en plus appel » à ce service. « Ce n’est plus le temps où on prenait de petits camions. Ils aiment que leurs meubles soient bien transportés, surtout qu’on achète aujourd’hui des meubles haut de gamme. Et il y a de plus en plus d’expatriés qui bougent de maison en maison à Maurice. C’est un marché prometteur aussi. » Les activités de Demeco comprennent 40% d’export, 40% d’import et 20% de déménagement local. Un marché qui est le reflet d’un monde qui bouge et qui n’est pas prêt de tarir…