La Federation of Pleasure Crafts Operators (FPCO) a écrit au Premier ministre pour lui demander de reconsidérer les projets d’aquaculture afin de préserver notre environnement marin et le secteur touristique. Selon le secrétaire de la fédération, Karl Lamarque, l’écosystème marin « souffre déjà du réchauffement climatique », d’où la nécessité, selon lui, « d’éviter tout facteur qui pourrait accélérer la dégradation ».
Après les pêcheurs et les surfeurs, c’est au tour des plaisanciers de se jeter dans la bataille contre les projets d’aquaculture à travers l’île. Dans une lettre adressée au Premier ministre cette semaine, ces derniers mettent en garde contre les risques pour l’environnement. « Cela fait 30 ans que je travaille sur la mer et j’ai pu constater de visu la dégradation au fil des années. Maintenant, on vient installer des fermes aquacoles potentiellement nuisibles et destructives, à la fois pour l’environnement et l’économie. Sur le long terme, les Mauriciens souffriront de ce développement. C’est pour cela que nous avons demandé au Premier ministre de prendre ces aspects en considération avant d’aller de l’avant avec ces projets. »
Les plaisanciers, qui disent collaborer avec les autres mouvements de contestation sur ce sujet, comptent entreprendre d’autres actions à l’avenir. « Notre première action est de rassembler et d’engager le dialogue sur ce sujet. Nous espérons que les autorités seront à l’écoute. Nous déciderons de la marche à suivre par la suite. » Karl Lamarque précise que son mouvement, l’Association des pêcheurs professionnels et des plaisanciers de l’ouest, regroupe des membres des régions d’Albion au Morne. Toutefois, au niveau de la fédération, toutes les régions de l’île sont concernées. « C’est pour cela que nous ne militons pas uniquement contre les fermes aquacoles dans l’ouest, mais à travers l’île, car avec les différents projets prévus à différents endroits, l’impact sur l’environnement sera encore plus conséquent. Nous savons aujourd’hui que les coraux sont abîmés et que les poissons diminuent dans le lagon. N’aggravons pas davantage la situation. »
Dans le même ordre d’idées, la FPCO se dit solidaire de la plateforme No To Petroleum Hub, à Albion. Elle participera à une marche conjointe contre ce projet ainsi que l’aquaculture samedi à 15h à partir du phare d’Albion. Soulignons que, dans une étude sur l’aquaculture commanditée par le Board of Investment en 2008, et réalisée par des consultants français, il est mentionné que les risques liés à l’environnement sont variables. Le rapport indique dans un premier temps : « Comme tout élevage, les productions aquacoles ont un impact sur leur environnement proche. Celui-ci peut-être considérablement variable selon la nature des fermes et du milieu exploité. (…) les fermes aquacoles ne sont productrices que de matière organique, d’azote et de phosphore, éléments tous assimilables par les milieux aquatiques. »
Toutefois, le rapport précise encore plus loin : « Il est vrai que dans certaines régions, où la densité des fermes est très élevée, de fortes perturbations de l’environnement ont été et sont toujours constatées : excès de matières organiques, baisse des taux d’oxygène, présence d’antibiotiques, dégradation des écosystèmes littoraux (zones humides, mangroves etc) et, pour finir, développement de pathologies récurrentes et opportunistes. »