Le ministère des Administrations régionales, autorité compétente en matière de gestion de déchets à Maurice sous l’Environment Protection Act, se propose de faire construire une station de transfert de déchets dangereux à La Chaumière, au pied de la montagne du Corps de Garde, à Rose-Hill. Dans cette perspective, un inventaire de ces déchets dangereux a été effectué par l’Université de Maurice d’août 2011 à février 2012.
« Le ministère des Administrations régionales, autorité compétente en matière de gestion de déchets à Maurice sous l’Environment Protection Act (EPA) projette de faire construire une Interim Hazardous Waste Storage Facility à La Chaumière », indique une source au ministère concerné. « Il s’agit d’un lieu de transit où les déchets dangereux seront en amont recueillis, classifiés, étiquetés, et dans la mesure du possible, seront prétraités et préparés pour l’exportation », ajoute-t-elle.
Les déchets dangereux regroupent ceux qui représentent un risque spécifique pour l’homme ou l’environnement si l’on ne s’en débarrasse pas comme il se doit. Ce sont :  les déchets agro-chimiques, les déchets de dégraissage contenant des solvants, les boues et déchets solides contenant des hydrocarbures, l’acide chlorhydrique, les sels et solutions contenant des cyanures, entre autres. Les déchets électroniques (ordinateurs inutilisables, les batteries et autres téléphones portables) sont également considérés comme des déchets dangereux.
À Maurice, la gestion et l’élimination des déchets dangereux sont régies par les Environment Protection (Standards for Hazardous Wastes) Regulations de 2001. Les entreprises ont des obligations légales par rapport à la gestion de ces déchets dangereux.
« En ligne avec sa stratégie de gestion des déchets dangereux, notre ministère a récemment commandité une étude pour procéder à un inventaire de ces déchets dangereux », indique encore notre source. « Il s’agissait d’identifier les différentes catégories et les quantités de déchets produits, entreposés, recyclés, que dispose le pays. »
Des questionnaires ont ainsi été envoyés à 182 compagnies et organisations relevant des secteurs suivants : le textile, le transport, le tannage et la teinture du cuir, les manufactures de produits plastiques, l’eau et l’électricité, la santé (privée), les manufactures métallurgiques, l’éducation, la chimie, les laboratoires chimiques et analytiques ainsi que la recherche, l’agriculture, les importateurs, distributeurs et utilisateurs de pesticides, le pétrole, l’imprimerie et la publication, le nettoyage à sec, la photographie et le Rayon X. « Le pourcentage de réponses reçue est de 30 % », commente notre source. « De plus, des visites ont été effectuées dans 28 des industries et organisations susmentionnées », ajoute-t-elle.
Cet inventaire, conduit par l’Université de Maurice en collaboration avec le ministère des Administrations régionales, a débuté en août 2011 et s’est achevé en février dernier. Cet exercice a été financé par le « Africa Institute for the Environmentally Sound Management of Hazardous Wastes and Other Wastes », qui est le Centre régional pour la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination pour les pays anglophones du continent africain. Maurice est signataire de cette convention.
« L’inventaire aura permis de jeter les bases afin de dégager des stratégies qui aideront à optimiser la gestion, la manipulation et ultérieurement l’élimination et l’exportation des déchets dangereux à Maurice », conclut notre source.