Invité par l’Institut Français de Maurice, le plasticien Lionel Sabatté met actuellement une dernière main aux oeuvres qu’il a conçues dans le cadre de sa résidence chez pARTage à Flic-en-Flac, et qui vont être exposées sous le titre La constance des alizés. Pour cet artiste qui a entre autres exposé au Museum d’histoire naturelle, chose assez rare dans l’art contemporain, ce séjour a à voir avec le retour aux sources, car il a passé sa jeunesse à la Réunion, et venait régulièrement à Maurice pour des compétitions de judo. Exposition à partir du 30 août à l’IFM.
« Le vent est insaisissable, ce qui est constant dans les alizés c’est le changement. J’aime l’ambivalence de ce titre… » Lionel Sabatté parle ainsi de l’impermanence du temps à propos de cette exposition qui le replonge en quelque sorte dans son enfance. Il entretient plus généralement le souvenir des alizés « comme un vent léger et constant qui m’accompagne depuis 18 ans que j’ai quitté l’océan indien ».
L’artiste présentera des oeuvres sur papier inspirées par les oiseaux des îles, mais réalisés avec des matériaux plutôt inhabituels… Il utilise en effet un liquide à base de fer rouillé qu’il associe à de l’oxygène pour créer des tonalités moirées assez particulières. La réaction chimique qui se produit alors sur le papier représente pour lui une métaphore des processus d’oxydo-réduction qui se produisent dans le corps, fournissant de l’énergie tout en provoquant le vieillissement… Retour à l’ambivalence.
Cet artiste utilise des matériaux encore plus inattendus que cela tels que la poussière, des cheveux et ongles pour ne prendre que ces exemples, qui vont par exemple être assemblés et travaillés sur des sculptures particulièrement impressionnantes. Il semblerait que La meute, qui a été exposée à la galerie de l’évolution à Paris en off de la Foire internationale d’art contemporain, réponde à ce principe, faisant naître de la poussière des animaux fantomatiques plutôt inquiétants, qui donnent matière à réflexion dans ce musée consacré aux espèces vivantes… le plus souvent disparues.