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  • Le CEB accusé de protéger le consortium qui fait l’objet de polémiques en Inde

Le projet de ferme éolienne à Plaine-Sophie est toujours sous le feu des projecteurs. En avril dernier, le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, avait déclaré au Parlement que le promoteur avait « falsifié deux documents bancaires » et qu’une enquête avait été ouverte. Or, d’après les renseignements recueillis, ni la CID ni l’ICAC n’ont initié d’enquête à ce stade. De plus, des sources révèlent que la compagnie indienne chargée de fabriquer les turbines « est dans le rouge », faisant l’objet de plusieurs polémiques en Inde. Pourquoi le Central Electricity Board (CEB) protège-t-il toujours le promoteur ? La réponse demeure un mystère !

La compagnie PAD Green Co aurait falsifié deux documents de garantie de la Barclays Bank et de la Standard Bank. Le Premier ministre, a-t-on appris, aurait demandé à son adjoint, Ivan Collendavelloo, d’initier une enquête à ce sujet. Mais des sources révèlent qu’aucune enquête n’a été initiée à ce stade, ni par la CID ni par l’ICAC. « Il y a tellement d’irrégularités. Mais, à ce stade, ce promoteur ne fait l’objet d’aucune enquête. Pourtant, dans sa réponse parlementaire, Ivan Collendavelloo avait déclaré qu’une enquête était en cours. Le promoteur aurait dû être arrêté et son contrat résilié », affirment les intéressés.

De plus, a-t-on appris, la compagnie indienne chargée de fabriquer les turbines pour la ferme éolienne à Plaine-Sophie fait l’objet de plusieurs polémiques en Inde. Mais le CEB refuse de révoquer son contrat. Selon nos recoupements d’information, cette compagnie n’est plus la même avec qui le CEB avait négocié pour la fabrication de turbines, il y a sept ans. « Cette compagnie aurait été vendue à une autre entreprise et elle aurait même changé de nom. Pourquoi le CEB n’a pas jugé important d’informer les autorités concernées à ce sujet ? Cherche-t-il à cacher quelque chose ou à protéger cette compagnie indienne ? » se demandent nos sources.

Si les députés Osman Mahomed et Reza Uteem ont réclamé la révocation du contrat en raison de « breach of trust », il faut mettre un terme, selon certains, à ce contrat illico pour « breach of contract ». « Le directeur par intérim du CEB a fait ressortir qu’il n’existe aucune clause dans le contrat pour “breach of trust”. Mais c’est carrément un “breach of trust”. Ce projet de ferme éolienne a été initié en 2012. Sept années se sont écoulées et il n’y a aucune évolution. C’est une perte de temps et de finances. La compagnie PAD Green Co. Ltd ne respecte pas son contrat mais nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi le CEB refuse toujours de résilier son contrat. Nous avons la perception que cette organisation veut protéger à tout prix le consortium Suzlon/PAD Co », font-ils ressortir.

« De plus, c’est maintenant que le CEB a décidé d’envoyer des experts internationaux et des ingénieurs en Inde pour aller vérifier si la fabrication des turbines est en bonne voie. Pourtant, dans un courriel adressé au CEB en 2017, la compagnie affirme avoir déjà fabriqué les turbines. Elle avait même envoyé des photos en guise de preuves. Mais nous avons appris que ces photos appartiennent à une autre ferme éolienne en Inde. Les turbines pour Maurice n’ont jamais été fabriquées », déplorent nos sources.

Par ailleurs, il nous revient que plus de 1 000 arbres ont été abattus sur le site de Plaine-Sophie pour la construction de la base. Le promoteur a récemment indiqué que 42% des travaux avaient été complétés sur le site. Nos sources disent ne pas comprendre pourquoi les arbres n’ont pas été replantés en attendant que les turbines soient implantées sur le site. « C’est un non-respect à l’environnement. Nous avons l’impression que le promoteur se montre très indifférent à l’environnement », disent-elles. Elles se demandent aussi pourquoi le promoteur ne complète pas les “civil works” en attendant que les turbines arrivent. Et déplorent que le consortium Suzlon/PAD Co et le CEB « cache bien des choses ».