Reporté en décembre dernier, le festival Zakana organisé par l’association Valer Nou Kiltir, en collaboration avec l’ambassade américaine, voit enfin le jour. Lancé officiellement jeudi soir au Sapin Café Culture, Valer Nou Kiltir propose un festival qui « se sert de la musique comme médium de communication pour tisser des liens plus solides », déclare Yannick Durhone, instigateur du projet. Plusieurs grosses pointures de la scène locale gravitent autour de l’américaine Shola Adisa Farrar, invitée par l’ambassade américaine, le temps de ce festival qui se tient aujourd’hui à la MSC à Rose-Hill.
Ce festival, initialement prévu pour en 2014, avait été reporté pour cause d’élections nationales. Le changement de pouvoir politique ayant ralenti les procédures, le festival, bénéficiant du soutien du ministère des Arts et de la Culture ainsi que de l’ambassade américaine, peut finalement avoir lieu.
Yannick Dhurone, instigateur du projet, estime que la culture générale joue un rôle important dans le développement humain, d’où son désir d’organiser ce festival : « C’est pour moi une réflexion par rapport à la musique. Je pense qu’il faut reconsidérer la place et l’utilité de la musique dans la société d’aujourd’hui. La musique, ce n’est pas seulement du divertissement. Quand j’entends les artistes se plaindre de ce qu’ils n’ont pas, je me demande s’ils doivent vraiment se plaindre… En analysant le problème, je réalise que ce n’est pas vraiment compliqué. Un artiste aura beau faire ce qu’il veut, mais s’il n’a pas de public pour l’écouter, rien ne se passe ! On ne peut pas forcer les gens à écouter nos messages. La façon de communiquer le message est importante et pour cela, nous devons parler le même langage. Pour moi, la musique est ce langage qui aide à la transmission de savoir et de connaissance. C’est le médium de communication. De même, l’artiste a ainsi une responsabilité : celle de transmettre le savoir par le biais de son art. »
Pour notre interlocuteur, le facteur principal de la majorité des problèmes auxquels nous faisons face vient du manque de culture générale. « Le public n’est pas exposé et ouvert à tous les styles de musique. La culture est importante pour bien vivre et pour moi, l’art fait partie de la culture générale. Le moyen idéal pour communiquer avec le maximum de personnes, c’est d’élargir et d’approfondir cette culture à travers la musique. »
Kathy Fox, Public Affairs Officer de l’ambassade américaine, est du même avis : « Nous sommes contents d’apporter notre appui à tout projet d’éducation et de création d’une société cultivée. Avoir la musique comme médium commun nous rassemble tous. C’est pour cela que nous avons fait appel à l’artiste Shola Adisa-Farrar, qui est là depuis quelques jours et qui a accepté de venir soutenir cet effort. Nous souhaitons que le message passe et que nous parvenions à toucher un maximum de personnes par le biais de ce festival afin que tous partagent la même passion. »
Jeudi soir, l’artiste mauricien qui a été choisi pour lancer le festival Zakana est Zanzak Arjoon, « par rapport à la recherche et au travail derrière sa musique », confie Yannick Durhone. Lors de son passage sur la scène, jeudi soir toujours, Zanzak Arjoon a confirmé cela. L’américaine Shola Adisa Farrar lui a succédé, avec une version revisitée de Feeling Good de Nina Simone et une des compositions de son répertoire. Le public mauricien aura l’occasion de la découvrir lors du concert de ce soir au complexe de la MSC à Rose-Hill.
Le festival Zakana a pour but « de conscientiser, à long terme, pour une génération de musiciens avertis proposant des oeuvres plus réfléchies et de promouvoir la réflexion et la créativité à travers des expositions et des compositions musicale. » Yannick Durhone tient à « remercier ceux qui soutiennent cette initiative qui vise à faire avancer la culture dans le pays. »
La Citadelle, qui avait été initialement prévue pour abriter le festival, devait céder la place au MSC à Rose-Hill, les autorités sanitaires ayant décidé, dans le courant de la semaine écoulée, que parce qu’une épidémie de fièvre dengue sévissait dans la capitale, il était plus indiqué de déplacer le festival.
Par ailleurs, un atelier de travail sera animé avec Shola Adisa-Farrar aujourd’hui à 10 heures autour du thème “Music and Business”. Dans la même foulée se tiendront également une expo-vente et une présentation de « Zistwar Nou Séga », animée par Marclaine Antoine. Il aura à ses côtés Serge Lebrasse, Micheline Virahsawmy et Jean-Claude Gaspard.
Un grand concert est enfin prévu aux alentours de 17 h, qui verra la participation de Shola Adisa-Farrar (USA), Jonathan & D, Zulu, Mulaco, Bwa Marron et Tritonik. Rappelons que les billets sont toujours en vente à Rs 300 dans le Rezo Otayo.