L’ancien Attorney General, Rama Valayden, compte approcher les différentes formations politiques, qui commencent à préparer leurs rassemblements en vue de la fête du Travail, le 1er mai. Au lieu de se contenter d’une bataille de foules, considère-t-il, les Mauriciens auront plus à gagner si ce jour serve de journée de réflexion, après avoir vécu un samedi 30 mars noir, qui a coûté la vie à onze de nos concitoyens.
« Cela ne servira à rien de s’invectiver au terme d’une campagne de mobilisation lors de laquelle chacun jettera la pierre à l’autre. Ce sera plutôt s’épuiser de manière stérile », pense-t-il. Au lieu de cela, il préfère voir nos dirigeants panser les blessures de ceux qui ont été marqués à vie par les conséquences des pluies diluviennes, et réfléchir sur les remèdes à y apporter afin que le pays ne vive pas de tels moments à l’avenir.
Parlant de l’idée émise par Robert Ahnee, Rama Valayden, que nous avons rencontré ce matin, nous dit qu’il souscrit totalement à celle-ci. L’ancien juge a, dans une lettre ouverte qu’il a adressée au Directeur des poursuites publiques (DPP), écrit ce qui suit : « Pour avoir, à une époque lointaine et combien différente, été dépositaire des pouvoirs qui sont aujourd’hui les vôtres, je me permets de vous alerter publiquement du danger à confier une enquête judiciaire à quelque jeune magistrat inexpérimenté. Je me crois autorisé à m’interroger, publiquement, quant au nombre de magistrats qui savent qu’ils ne sont pas tenus, lors d’une enquête judiciaire, de se limiter à prendre note des conclusions d’une enquête policière préalable. Au risque de choquer plus d’un, j’affirme que le judiciaire peut et doit dans les circonstances, enquêter sur la police et ceux qui la dirigent, y compris le commissaire de police, le chef de cabinet et le ministre de l’Intérieur. Il ne s’agit pas simplement d’établir les causes, mais aussi et surtout la responsabilité des décideurs (…). »
Dans le même souffle, Rama Valayden considère que les travaux de l’enquête judiciaire devraient être diffusés en direct à la télévision comme à la radio, que celle-ci soit nationale ou privée. Il estime que le pays a beaucoup souffert, et la diffusion en direct constitue, pour l’ex-Attorney General, un des meilleurs moyens de lui permettre de se relever. « Les autorités avaient songé à faire la population vivre en direct le procès aux Assises dans l’affaire Michaela Harte », rappelle-t-il.