Diplal MAROAM

Le métro tant attendu étant déjà sur les rails, la séance parlementaire de mardi prochain pourrait, par conséquent, être la dernière. Comme c’était le cas en décembre 2014, la pension universelle connaîtrait une hausse significative lors du prochain quinquennat, passant de Rs 6,210 à Rs 13,500 – engagement de taille pris par le PM – s’il est réélu – au SVICC à Pailles lors du rassemblement des personnes âgées. Cette mesure qui toucherait plus de 200,000 électeurs – ce même segment de la population qui avait grandement contribué à faire basculer les urnes lors des dernières législatives – engloutit complètement la promesse de Navin Ramgoolam faite aux petits planteurs concernant le paiement de Rs 2,500 par tonne de cannes. En outre, comme annoncé dans l’édition du Mauricien du 28 septembre dernier, de nombreux nominés politiques sont en passe de soumettre leurs démissions pour se jeter dans l’arène. Bref, un fort parfum de législatives à brève échéance plane dans l’air bien qu’à environ 2 mois de l’auto-dissolution du parlement, l’autorité centrale garde toujours le silence sur ce dossier. Mais personne n’est dupe.

Il convient de souligner que cette mandature qui s’achève n’a jamais été un long fleuve tranquille. C’est, selon toute vraisemblance, dans le but d’éviter l’humiliation d’une débâcle électorale de son parti au No.7 que SAJ était contraint de conserver son siège de député quitte à subir l’affront d’une rétrogradation dans la hiérarchie de la direction du pays après environ deux décennies, en totalité, passées à la tête du gouvernement et une, en tant que chef de l’État. Nous étions alors au début de 2017 et la transmission du pouvoir du père au fils venant d’avoir lieu. Et voilà que deux années plus tard, soit en mars 2019, la double démission de Lutchmeenaraidoo vient jeter un pavé dans la mare politique dans cette même circonscription. Au lendemain de cette démission, les divers milieux politiques reconnaissaient déjà l’absurdité d’une partielle à quelques mois de la fin d’une mandature. Mais l’unique objectif du PM était vraisemblablement de semer ses adversaires et déjouer leurs stratégies. Entre-temps, la décision de Roshi Bhadain de claquer la porte du gouvernement le 23 juin 2017 avait provoqué la partielle au No.18 et à laquelle le gouvernement avait refusé de participer.

Cependant, en cette fin de mandat, alors que nos dirigeants peaufinent leurs stratégies et procèdent aux derniers réglages de la machinerie gouvernementale pour pouvoir se présenter devant l’électorat dans les meilleures dispositions, voilà que le verdict de la Cour intermédiaire dans l’affaire Roches-Noires vient jouer les trouble-fête et tombe comme un cheveu sur la soupe à l’Hôtel du gouvernement d’autant que le DPP a décidé de ne pas interjeter appel de ce jugement. En effet, requinqué par cet énième non-lieu en sa faveur – à propos, les allégations de la fille de Nandanee Soornack dans les médias sur cette affaire soulèvent beaucoup de spéculations –,  Navin Ramgoolam dont certains au Sun Trust avaient voulu crucifier politiquement mais en confondant vitesse et précipitation, se voit soudain pousser des ailes – il ne lui reste que l’affaire des coffres-forts dont l’issue sera connue sous peu – et constitue, à bien des égards, toujours une sérieuse menace au prime-ministership de Pravind Jugnauth, ce bien que, selon ce dernier, « enn bandi res touzour enn bandi ». 

Par ailleurs, alors que le MMM aurait pu avoir une belle carte à jouer dans une lutte triangulaire, voilà qu’il se retrouve face à une énième crise provoquée par une nouvelle vague de démissions. Certes, le parti relèvera encore une fois la tête comme il avait fait dans le passé après les innombrables cassures et pourrait même prendre une seconde naissance après 50 ans, comme le souhaite son leader. Mais ce n’est certainement pas demain la veille que le parti retrouvera sa force électorale d’antan. En effet, sa plus grande faiblesse demeure son incapacité à faire émerger un leadership d’envergure nationale ; ce qui fait que le MMM a passé le plus clair de son existence comme un parti d’opposition plutôt que de proposition et que, dans une alliance, il a toujours été contraint de subir le diktat de son partenaire, comme ce sera probablement le cas à l’issue des prochaines législatives. Cinquante ans après sa première naissance donc, il est grand temps que ce parti fasse son mea culpa et tire les conclusions qui s’imposent.