L’inspectorat dans les foires et les marchés fait face de nombreux problèmes. Outre le manque de personnel, les conditions de travail favoriseraient la corruption, les conflits d’intérêts, entre autres. Dans cette optique, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) suggère, entre autres, l’installation de systèmes de vidéosurveillance dans les marchés et les foires sur une base pilote. C’est ce qui ressort d’un rapport publié en février à ce sujet intitulé : « A research study on Alleged Abuses and Malpractices regarding inspection in markets and fairs in Local Authorities ».
Favoritisme, corruption, abus de pouvoir, conflit d’intérêts, trafic d’influence… C’est ainsi que l’ICAC dépeint l’inspectorat des foires et marchés du pays. C’est à la suite de site visits et d’interviews dans les foires et les marchés de l’île que l’ICAC a élaboré un rapport sur la situation. Ce document d’une vingtaine de pages met en lumière le travail effectué par l’inspectorat ainsi que ses failles. L’attention est d’abord attirée sur le manque de personnel, raison pour laquelle les inspecteurs ne peuvent opérer sur un système rotatif. Toutefois, les Chef Inspecteurs interrogés soutiennent que le contrôle, qui se fait quotidiennement, est renforcé durant les jours de foires.
Les inspecteurs sont également confrontés à d’autres problèmes, comme le manque de collaboration du public, l’absence de support de la police lors de certaines opérations, l’ingérence politique, le manque de compétences des nouvelles recrues…
Le manque de personnel entraîne une hausse de la corruption. « Ils peuvent usurper leurs droits et procéder à certaines discriminations. Ils sont également en mesure de sanctionner une infraction ou tout simplement de l’ignorer. L’absence de mécanisme de rotation du personnel entraîne la possibilité pour les inspecteurs de développer des liens inappropriés avec marchands, au risque d’utiliser leurs pouvoirs pour négocier et résoudre les conflits discrètement », explique l’ICAC.
La Commission recommande ainsi une série de mesures afin de remédier aux diverses faiblesses. Tout d’abord, elle propose de meilleures normes de qualité pour le système d’inspection ainsi que l’élaboration d’un code de conduite pour assurer les meilleures pratiques. « Ce code de conduite devrait être diffusé à tous les inspecteurs to ensure strict adherence. Sans compter que les autorités locales devraient veiller à ce qu’il y ait une formation appropriée et adéquate pour le suivi et le respect du code de conduite », peut-on lire dans le document. Des campagnes de sensibilisation et une charte du consommateur sont également mentionnés. Le rapport soutient qu’une « customer chart is a written commitment made by an organisation towards its clients. It spells out the quality standards, which is predetermined and set by the organisation. It also provides for a system to redress where the organisation fails to deliver at the expected level or fails to fulfill its obligations. A Customer service chart provides a clear framework against complaints can be assessed and eliminate risk of corruption ».
Le document parle de la contribution de la vidéosurveillance dans les activités de l’inspectorat. Selon l’ICAC, un tel système permettrait aux autorités locales de réduire la corruption et les mauvaises pratiques durant les jours de foires. Elle propose que cette pratique soit testée sur une base pilote. « Le coût de mise en oeuvre des systèmes de surveillance a diminué au fil des ans. Ainsi, il peut en résulter des avantages considérables pour les autorités locales », est-il expliqué.
Finalement, le rapport observe que la sous-location des étals nécessite un meilleur contrôle de la part des inspecteurs et que le Public Sector Anti-Corruption Framework (PSACF) qui a pour but de renforcer les capacités institutionnelles des autorités locales à travers la mise en place de mécanismes appropriés pour évaluer et éliminer les risques de corruption, doit être appliqué.