Supérieurs aux Dalons seychellois dans tous les domaines, les Réunionnais défendront leur titre en finale contre Maurice, samedi à George V, comme en 1985 et en 2003. Si le défi est immense dans deux jours chez des Mauriciens toujours souverains à la maison de toute l’histoire des Jeux des îles, l’optimisme est quand même revenu au sein du Club R, hier à Flacq. Deux jours après une déconvenue fâcheuse contre les Comores, La Réunion s’est rachetée, avec la manière, qui plus est.

Invaincus jusqu’ici (1-1 contre Maurice et 0-0 face aux Comores), les Seychelles n’ont fait illusion qu’une vingtaine de minutes. Perry Monnaie, le véloce avant-centre, n’a finalement pas fait fortune, au même titre que ses aînés de 1998 et 2003, sortis au même stade de la compétition par le même adversaire. Même un but inexistant comme il y a huit ans lors des JIOI dans l’Archipel n’aurait pas suffi aux Dalons hier, mercredi 24 juillet, pas de taille à rivaliser. Les matchs en compétition contre quelques grands d’Afrique depuis près deux ans n’ont pas eu l’effet escompté. « On était trop excités par l’enjeu et on n’a pas su jouer notre football », concède le sélectionneur Gavin Jeanne.

Tactiquement surtout, tant cette victoire est aussi celle de Jean-Pierre Bade, auteur de coups de poker payants, en l’absence de ses meneurs de jeu Anjy Vardapin et Ronan Nédélec. « Il fallait s’adapter et j’ai opté pour ce système hier soir », a avoué Bade un peu plus tard. L’efficacité dans un premier temps, symbolisée par le coup franc enroulé de Damour, hors de portée de Ian Ah-Kon (15e). « Dès qu’on concrétise rapidement, ça devient plus facile », recadre le sélectionneur. Loïc Rivière, buteur sur corner direct (41e), Philéas (46e) et Loricourt (63e) ont été les autres buteurs. « Je suis vraiment content de la production des garçons », ajoute Bade.

Du spectacle, de la maîtrise, du réalisme, de la justesse, le tenant du titre a repris vigueur au bon moment. Juste avant une finale où il aura face à lui non pas une équipe, mais tout un peuple. Pour la première fois depuis son arrivée, la sélection régionale dispose de quasiment trois jours pour s’y préparer. « On va s’y attacher, car l’objectif n’est pas atteint », précise Bade. Convaincante, son équipe n’est pas prête à lâcher sa couronne india-océanique.